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LGV Bordeaux–Toulouse : en Sud-Gironde, la contestation se déplace devant les abatteuses

À Ayguemorte-les-Graves, les opposants à la LGV Bordeaux–Toulouse se relaient devant le bois de Thion pour empêcher les machines d’entrer. Les déboisements autorisés depuis le 1er octobre rendent le projet tangible pour les riverains. Ils doivent ouvrir des accès aux sondages géotechniques et aux diagnostics archéologiques. Après le rejet de demandes de suspension en justice, la mobilisation se poursuit sur le terrain, tandis que la Région défend les bénéfices de la future ligne.

LGV Bordeaux–Toulouse : des coupes pour les investigations préalables

Les opérations engagées cet automne ne correspondent pas encore à la construction de la voie ferrée dans ces bois. Elles préparent les études nécessaires à la conception du projet. L’autorisation environnementale du 5 février 2026 permet les interventions destinées aux investigations, dont les accès pour les sondages du sol et les recherches archéologiques.

Au bois de Thion, à Ayguemorte-les-Graves, les opposants à la ligne nouvelle se relaient pour empêcher l’entrée des machines chargées des déboisements.

Cette distinction administrative n’atténue pas les conséquences immédiates pour les habitants mobilisés. Le passage d’une abatteuse transforme déjà les parcelles boisées. Au bois de Thion, des premières coupes ont ouvert les entrées du site. Didier Gassiot, président de LGVEA, décrit une mobilisation visant à empêcher la poursuite des interventions vers les chênes et les châtaigniers.

Les opposants ont notamment immobilisé une machine sur un chemin durant une journée. Leur présence s’organise par relais depuis plusieurs semaines. Le désaccord se joue désormais à l’endroit précis où les études du projet nécessitent de dégager des accès, avant même le chantier ferroviaire proprement dit.

La justice refuse de suspendre l’autorisation

La maire d’Ayguemorte-les-Graves, Martine Talabot, a pris trois arrêtés municipaux, notamment pour interdire la circulation sur certains chemins communaux. Elle demande que les procédures juridiques puissent aller à leur terme avant la poursuite des opérations contestées. Cette intervention locale accompagne celle des associations opposées au projet.

L’autorisation environnementale du cinq février concerne les investigations préalables, avec des accès destinés aux sondages géotechniques et aux diagnostics archéologiques sur le tracé.

Le tribunal administratif de Bordeaux a refusé de suspendre l’arrêté, dans une décision rendue publique le 22 octobre. Les juges des référés n’ont pas retenu les arguments justifiant une interruption en urgence. Ils ont notamment relevé que la déclaration d’utilité publique du Grand projet ferroviaire reste en vigueur jusqu’en 2031.

Ce rejet ne clôt pas les contestations au fond. Ces décisions concernent la procédure d’urgence. Le jugement des recours au fond et les annonces d’un éventuel pourvoi relèvent d’étapes judiciaires distinctes. Les Amis de la Terre ont annoncé leur intention de saisir le Conseil d’État après l’échec de leur référé-suspension. Au 29 octobre, cette démarche ne doit pas être présentée comme une décision de justice favorable aux opposants : les travaux autorisés ne sont pas suspendus par ces annonces.

La compensation forestière divise les acteurs

La Région défend les engagements de compensation forestière, tandis que les associations contestent leur portée et poursuivent leur mobilisation sur le terrain et en justice.

La Région défend le projet au nom de l’amélioration des liaisons dans le Sud-Ouest. Son vice-président chargé des mobilités, Renaud Lagrave, met en avant des engagements de reboisement dans d’autres secteurs. Il soutient que la préservation du massif forestier et le développement de la nouvelle liaison peuvent être conciliés.

Les associations contestent cette présentation. Les Amis de la Terre distinguent les replantations annoncées, les compensations financières et les interventions nécessaires pour recréer d’autres types de milieux naturels. Le désaccord porte ainsi sur la réalité écologique de la compensation, au-delà du seul nombre d’arbres coupés ou remplacés.

La présentation des investigations préalables par les services de l’État confirme le calendrier des déboisements en Gironde à partir d’octobre. Sur le terrain, les opposants cherchent à ralentir cette étape et à maintenir la pression juridique. La confrontation révèle deux temporalités : celle d’un grand projet ferroviaire conçu sur des décennies et celle, immédiate, de bois qui changent de visage pendant les études.

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