Sur la place de Pellegrue, une halle métallique attire le regard au milieu d’une bastide médiévale. Quelques kilomètres plus loin, les maisons ont laissé place aux vignes, puis aux arbres du Bois Bourru. La randonnée qui relie ces paysages traverse même brièvement le Lot-et-Garonne. Sur 15,4 kilomètres, elle dévoile une Gironde de coteaux et de vergers, avec le plaisir de retrouver le village au terme de la marche.
La halle donne le départ, les ruelles attendront le retour
La place du marché constitue une belle entrée dans cette bastide fondée au XIIIe siècle, sur un éperon rocheux. Sa halle de métal surprend au premier regard : elle inscrit une autre époque dans un lieu organisé autour du commerce depuis le Moyen Âge. Autour, les passages vers les ruelles donnent déjà envie de s’écarter de la place.
Une grue figure sur le blason communal. La tradition locale raconte que ces oiseaux auraient averti les habitants d’une attaque ; le récit accompagne encore le nom de Pellegrue. Avant de gagner les chemins, ce petit détour par la légende donne une présence au village que l’on gardera en tête pendant la randonnée.
Le départ du circuit se situe près du monument aux morts. Les premières directions conduisent vers les Judes, la Ramonette, la Perpille et Laveau. Cette succession de lieux-dits fait rapidement entrer dans la campagne habitée. Les distances entre les maisons s’allongent ; les parcelles prennent leur place dans le paysage.

À la Ramonette, le petit patrimoine retient le pas
Le lavoir de Ramonette appartient à ces découvertes discrètes qui justifient de quitter les grands axes. Au fil d’une randonnée, un ouvrage lié à l’eau raconte le quotidien d’un territoire : les déplacements, le travail et les lieux où l’on se retrouvait. Accordez-lui un arrêt avant de poursuivre vers les espaces plus ouverts.
La boucle du Bois Bourru combine routes rurales et chemins de terre. Cette diversité permet de passer près des hameaux, puis de retrouver les cultures à leur échelle. Une façade se regarde de près ; une parcelle, depuis le recul offert par le chemin. La balade tient justement ces deux distances ensemble.
Dans le Haut Entre-deux-Mers, la vigne accompagne les mouvements du terrain. Les rangs ne forment jamais le même dessin selon que l’on marche au pied d’une pente ou sur sa partie haute. Une lisière masque un versant, puis un virage le découvre. Ces changements donnent à la marche son intérêt, bien avant l’entrée dans le bois.
Le Bois Bourru ouvre une parenthèse entre deux départements
Sous les arbres, les perspectives se resserrent. Le chemin reprend le premier rôle, avec ses embranchements, ses bordures et les ouvertures qui annoncent la sortie du bois. Le passage boisé apporte une variation franche après les alignements des vignes : on avance dans une autre profondeur, à portée des troncs et des talus.
La boucle franchit temporairement la limite du Lot-et-Garonne. Ce détail géographique a une conséquence pratique : le balisage change pendant cette courte incursion. La fiche officielle signale de nombreux chemins dans le secteur. Gardez sa trace à portée de main pour suivre le bon embranchement et profiter pleinement de cette traversée.
La frontière administrative reste invisible dans le paysage. Les bois et les terres cultivées se prolongent d’un département à l’autre, rappelant la proximité du pays de Duras. Pour le visiteur, cette continuité fait le charme de la sortie : la randonnée explore une campagne de transition, dont les cultures annoncent progressivement celles du voisin.

Des prunelaies parmi les vignes
Après les chais du château Faurie, l’itinéraire retrouve les parcelles viticoles, puis des vergers de pruniers et un étang. Les prunelaies apportent une différence immédiatement perceptible dans le dessin agricole. Au lieu des rangs bas de la vigne, ce sont les volumes des arbres qui structurent la vue et donnent une autre épaisseur aux versants.
Ce passage mérite de ralentir. Il permet d’observer la rencontre de plusieurs cultures sur une même sortie, à travers leurs formes et leur occupation du relief. Le paysage que l’on découvre ici garde quelque chose des marches du Lot-et-Garonne, tout en restant relié à la bastide girondine quittée quelques heures auparavant.
Le secteur des Maçons comprend une bonne montée. Elle rappelle que les derniers kilomètres demandent encore de l’énergie. En avançant, retournez-vous lorsque le chemin offre un emplacement sûr : les parcelles que l’on vient de traverser se rassemblent alors en un paysage plus large, avec les bois en arrière-plan.
Saint-André et la place retrouvée
Au retour à Pellegrue, gardez un moment pour l’église Saint-André. Sa façade romane et son clocher néo-byzantin, ajouté au XIXe siècle, composent un rapprochement architectural inattendu. Les ruelles qui la relient à la place prolongent la découverte du bourg ; après les coteaux, leurs proportions rapprochées donnent une autre sensation de l’espace.
La fiche du Pays Foyen annonce quatre heures de marche et une difficulté moyenne. Prévoyez une journée avec les haltes, votre repas et de l’eau. Choisissez bien le tracé de 15,4 kilomètres : la commune propose également la boucle plus courte du Pin Franc.

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