À Saint-Émilion, le millésime 2026 commence à se raconter alors que les vendanges ne sont pas achevées partout. Lors d’une dégustation organisée à la Cité du Vin le 21 septembre, David Suire, directeur général du château Laroque, a évoqué les premières récoltes de l’année. Le constat invite à suivre la suite avec attention : la qualité d’un raisin cueilli aujourd’hui renseigne sur le départ d’un vin, mais ne suffit pas encore à définir ce qu’il deviendra.
Saint-Émilion : un premier regard pendant les vendanges
Le rendez-vous du 21 septembre réunissait des professionnels autour de vins livrables, à Bordeaux. C’est dans ce cadre que David Suire, responsable du château Laroque et membre de l’association des grands crus classés de Saint-Émilion, a pris la parole sur 2026. Le calendrier compte : à cette date, les domaines ne disposent pas tous d’une vue complète sur leurs récoltes. Les parcelles ne mûrissent pas exactement au même rythme et les décisions de cueillette s’échelonnent.
Parler de « jolies récoltes » renvoie d’abord à ce qui arrive au chai. L’état des grappes, leur maturité et le volume disponible constituent des indices, mais aucun ne permet à lui seul de juger le vin fini. Les raisins doivent encore être triés, vinifiés puis élevés. Des différences pourront apparaître d’une propriété à l’autre, voire entre parcelles d’un même domaine. Un millésime est un cadre commun, pas une bouteille unique.

À Saint-Émilion, les assemblages et les choix du chai contribuent à cette diversité. Le merlot et le cabernet franc n’expriment pas nécessairement la même année de la même manière. L’observation des baies guide la date de récolte ; les analyses apportent des mesures complémentaires. La fiche du château Laroque rappelle le cadre de production de ce grand cru classé,
Ce que 2026 permet déjà de dire
Le propos tenu à la Cité du Vin porte sur des premières récoltes, pas sur un classement définitif du millésime 2026. entre un raisin prometteur et un vin commercialisé, plusieurs mois de travail et d’observation séparent les deux étapes. Présenter le millésime comme acquis dès septembre reviendrait à effacer le rôle des fermentations, des assemblages et de l’élevage.
Le vignoble de Saint-Émilion n’avance pas d’un seul bloc. Les terroirs, l’exposition des parcelles, l’âge des vignes et les rendements peuvent conduire à des résultats différents,. Un bilan local ne vaut donc pas automatiquement pour l’ensemble du Bordelais. La prudence vaut également dans l’autre sens : une difficulté ponctuelle sur une parcelle ne condamne pas une appellation entière.

Le travail d’un directeur de domaine consiste justement à transformer ces observations en décisions concrètes. Le château Laroque présente le rôle de ses équipes dans la conduite du vignoble et l’élaboration du vin. En 2026, chaque décision se lit dans un contexte propre à l’année ; elle ne peut être réduite à une formule générale sur la chaleur, la pluie ou le calendrier des vendanges.
Un millésime qui se construira au chai
La prochaine étape n’est plus seulement de cueillir. Les lots entrés au chai vont évoluer pendant la vinification. Les dégustations de jeunes vins donneront ensuite un premier aperçu plus solide, sans clore le sujet de leur évolution. Les commentaires prononcés en septembre restent donc des indications de terrain, intéressantes précisément parce qu’elles sont situées au début du processus.
Pour les amateurs, l’enjeu n’est pas de décréter dès maintenant si 2026 sera une grande année. Il est de comprendre d’où viendra la réponse. Les producteurs pourront comparer les différents lots, choisir leurs assemblages et suivre leur maturation. Les dégustations futures permettront de juger les équilibres du vin, et non la seule apparence des raisins au moment de la coupe.

Saint-Émilion entre ainsi dans une phase décisive, mais ouverte. Le premier retour de David Suire donne une tonalité aux vendanges 2026 ; il ne dispense pas d’attendre les résultats de chaque propriété. C’est toute la différence entre une promesse de récolte et la réalité d’un millésime.
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