L’été a laissé une facture immédiate au tourisme du Sud-Ouest : 190 millions d’euros de pertes en juillet et août en Gironde et dans les Landes, sous l’effet des incendies et des canicules. La saison de septembre a offert un répit à une partie des professionnels, sans effacer les journées d’activité interrompues au cœur de l’été. Le bilan mesure une économie exposée bien au-delà des seules zones brûlées.
Le choc au cœur de la haute saison
Le feu de Saumos a frappé au moment où hébergements, restaurants et activités de loisirs réalisent une part essentielle de leur chiffre d’affaires. Déclenché le 22 juillet, il a touché une période où une nuit annulée ou une visite manquée se reporte difficilement. Les évacuations, les accès restreints et les incertitudes ont pesé sur la fréquentation.
Le sinistre a détruit 37 300 hectares et conduit à l’évacuation de 224 000 personnes dans treize communes, d’après les éléments rendus publics après l’incendie. Plus de 60 hébergements touristiques ont été évacués. L’activité de quelque 15 000 établissements a été interrompue ou perturbée pendant trois à six jours. Ces chiffres montrent pourquoi les conséquences débordent largement le périmètre forestier.
La préfecture a annoncé le 28 septembre que le feu de Saumos était désormais éteint. Cette étape clôt la phase de surveillance opérationnelle, pas le bilan économique. Les entreprises touristiques doivent encore apprécier les pertes de recettes, les annulations et le coût d’une reprise inégale selon les territoires.

La chaleur a aussi éloigné les visiteurs
L’incendie n’explique pas seul la saison. Les épisodes de canicule ont changé les conditions de séjour et les habitudes de déplacement. Les activités de plein air, les visites en journée et certains déplacements vers le littoral ont été bousculés. Les professionnels ont dû composer avec une météo qui compliquait à la fois l’accueil des visiteurs et le travail des équipes.
Le contexte météorologique est exceptionnel : le bilan climatique de Météo-France classe l’été 2026 au premier rang des étés les plus chauds depuis 1900 à l’échelle nationale. En Gironde, la répétition des fortes chaleurs s’est ajoutée aux alertes incendie. Les effets sur le tourisme tiennent à cette accumulation, plutôt qu’à un seul épisode.
Le montant de 190 millions d’euros concerne la Gironde et les Landes réunies pour juillet et août. Il s’agit d’une perte immédiate d’activité touristique, non d’une facture totale du mégafeu. Les conséquences pour la forêt, les collectivités, l’agriculture ou les infrastructures relèvent d’autres évaluations. Cette distinction évite de confondre le manque à gagner des visiteurs avec l’ensemble des dommages.

Un rebond de septembre qui ne profite pas à tous
Une météo plus clémente et l’allongement de la saison ont ramené des visiteurs en septembre. Ce rebond a permis à certains hébergeurs et acteurs des loisirs d’atténuer le choc. Il ne recrée toutefois pas les recettes de la haute saison pour ceux dont l’activité dépend surtout des semaines de juillet et d’août.
Les situations varient fortement d’une entreprise à l’autre. Un établissement évacué plusieurs jours, un prestataire privé d’accès à son site et une adresse urbaine restée ouverte n’ont ni la même exposition ni la même capacité de rattrapage. Une moyenne régionale masque donc des pertes concentrées sur certains métiers et certaines communes.
La présidente du Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine décrit un été très difficile, puis une amélioration en septembre. Son appréciation reste prudente : tous les professionnels ne bénéficieront pas au même degré de cette prolongation. Le tourisme girondin entre ainsi dans l’automne avec un bilan contrasté, entre reprises visibles et fragilités persistantes.
Les prochaines données de fréquentation préciseront la répartition du manque à gagner. Elles seront nécessaires pour distinguer l’effet des fermetures, celui des fortes chaleurs et les éventuels reports de séjour. Le chiffre connu aujourd’hui fixe déjà l’ordre de grandeur : pour la Gironde et les Landes, l’été 2026 aura laissé un trou de 190 millions d’euros dans l’activité touristique.

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