La Girondine Justine Dupont a été élue surfeuse de l’année 2026 aux prix du Big Wave Challenge, remis le 19 septembre à Newport Beach, en Californie. La distinction récompense sa place parmi les grandes figures du surf de vagues géantes. Déjà lauréate en 2025, la sportive née à Bordeaux décroche le prix féminin pour la deuxième année consécutive. Une reconnaissance de régularité, davantage que le souvenir d’une seule vague.

Justine Dupont, surfeuse de l’année 2026 pour la deuxième fois
Le trophée porte un nom anglais, Women’s Surfer of the Year. Il ne faut pas le confondre avec un titre de championne du monde remporté dans une compétition unique. Les Big Wave Challenge Awards distinguent plusieurs performances et personnalités du surf de grosses vagues. En 2026, Justine Dupont reçoit le prix de la surfeuse de l’année ; celui de la plus grosse vague féminine revient à Michelle des Bouillons.
Cette nuance rend le palmarès plus lisible. La récompense accordée à la Girondine salue la continuité de son engagement dans une discipline où les occasions de surfer dépendent des houles, parfois rares et toujours exigeantes. Déjà distinguée dans la même catégorie l’an dernier, elle confirme qu’elle reste une référence internationale, même lorsque le jury ne lui attribue pas le prix d’une vague précise.
À Newport Beach, la cérémonie a aussi récompensé le Britannique Tom Lowe chez les hommes. Mais la place de Justine Dupont dans cette édition raconte surtout la longévité d’une athlète qui n’a cessé de changer de format et de repousser ses propres limites. Sa carrière ne se résume pas aux images spectaculaires des sessions de Nazaré.

De Lacanau à Nazaré, un parcours construit dans la durée
Née à Bordeaux en 1991 et originaire de Lacanau, Justine Dupont a grandi avec l’Atlantique pour terrain d’apprentissage. Son parcours retracé par la Fédération française de surf montre une rare polyvalence : shortboard, longboard, stand up paddle et grosses vagues figurent dans son palmarès.
Cette diversité compte. Elle a remporté des titres mondiaux en stand up paddle et dans des épreuves par équipes, bien avant que les récompenses liées aux vagues géantes ne deviennent la partie la plus visible de sa carrière.
Elle s’est fait connaître d’un public plus large en affrontant Belharra, au Pays basque, puis d’autres spots redoutés comme Mavericks et Jaws. Nazaré, au Portugal, est devenu l’un des lieux emblématiques de sa trajectoire. Là-bas, la hauteur des vagues ne suffit jamais à raconter l’effort : il faut choisir le bon moment, travailler avec une équipe et accepter une marge d’erreur infime.
Ses résultats témoignent aussi de retours après les interruptions. Blessée à Jaws fin 2018, elle a repris la compétition au plus haut niveau. Plus récemment, elle est revenue sur les grandes houles après être devenue mère. La Fédération française de surf a notamment raconté sa victoire à Nazaré lors d’une compétition de grosses vagues.

Un prix qui dépasse le seul exploit du jour
Le surf de grosses vagues produit des images saisissantes, mais il repose sur un travail moins visible. Lire les prévisions, attendre la fenêtre météo, préparer le matériel et coordonner la sécurité : chaque session exige des décisions collectives avant même d’entrer dans l’eau. Le prix attribué à Justine Dupont distingue aussi cette capacité à rester performante au fil des saisons.
Pour la Gironde, la récompense rappelle le lien entre les plages de l’enfance et une carrière devenue mondiale. Lacanau n’est pas Nazaré ; les vagues et les risques n’y ont pas la même échelle. C’est pourtant sur cette côte que la surfeuse a construit les premiers gestes d’un parcours aujourd’hui salué bien au-delà de l’Atlantique français.
La distinction 2026 ajoute une ligne forte à son palmarès. Elle ne ferme aucun chapitre : les prochaines houles, comme toujours, décideront des prochaines occasions de prendre le large.
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