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Au CHU de Bordeaux, les sols se nettoient sans chimie grâce à la microfibre

Au CHU de Bordeaux, l’entretien courant des sols change de méthode : des bandeaux en microfibres humidifiés à l’eau remplacent les détergents dans les secteurs adaptés. Déployée progressivement depuis 2022 sur les sites hospitaliers, cette pratique cherche à réduire l’exposition aux produits chimiques, la consommation d’eau et les rejets. Elle ne supprime ni les exigences d’hygiène ni les protocoles particuliers des zones les plus sensibles.

Bionettoyage sans chimie au CHU de Bordeaux : ce qui change vraiment

Dans un hôpital, la propreté ne se négocie pas. Pourtant, le recours systématique à un produit chimique pour laver les sols n’est pas forcément la réponse la plus adaptée. Le CHU de Bordeaux a engagé cette réflexion avec ses équipes de bionettoyage et d’hygiène hospitalière. L’objectif : conserver un entretien efficace tout en limitant les substances utilisées au quotidien.

Le changement s’est construit par étapes. Jusqu’en 2018, l’établissement utilisait des détergents-désinfectants pour les sols. Il est ensuite passé à un détergent neutre dans les situations où la désinfection n’était pas nécessaire. La méthode actuelle pousse cette logique plus loin : des bandeaux de lavage en microfibres, préalablement humidifiés, décrochent les salissures par leur action mécanique et les retiennent dans le textile.

Au CHU de Bordeaux, le lavage des sols à la microfibre se substitue aux détergents dans les services où cette méthode a été validée.

Des essais avant un déploiement sur trois sites

Le choix n’a pas été fait sur une simple promesse écologique. Des essais ont commencé en 2019 dans plusieurs services, avec l’appui de l’équipe d’hygiène hospitalière et des agents concernés. Le déploiement a démarré en 2022 à Saint-André, avant de gagner progressivement Pellegrin et le groupe hospitalier Sud. Les secteurs tertiaires, les consultations et les unités d’hospitalisation ont été intégrés par étapes.

Le magazine du CHU de Bordeaux consacré à l’entretien des sols à la microfibre chiffrait, dans son bilan publié en 2024, la méthode à 80 unités à Pellegrin, 17 à Saint-André et 42 sur le groupe Sud. Il indiquait également que 523 professionnels avaient été formés. Ces chiffres datés ne doivent pas être présentés comme un nouvel état des lieux pour 2026.

La méthode ne couvre pas indistinctement tout l’hôpital. Les secteurs protégés disposant d’un traitement d’air, notamment certains blocs opératoires, services de réanimation ou d’oncohématologie, restent soumis à d’autres protocoles. Parler de sols nettoyés sans chimie ne signifie donc pas que le CHU aurait abandonné tous ses désinfectants.

Le déploiement a commencé à Saint-André en 2022 avant de s’étendre progressivement à Pellegrin et au groupe hospitalier Sud, selon les locaux concernés.

Moins d’eau, mais un geste à apprendre

Pour dix bandeaux, la préparation mobilise environ un litre d’eau, d’après la présentation du dispositif. Le sol reste peu mouillé et le matériel devient plus léger à manipuler. Réduire l’usage des détergents signifie aussi moins d’exposition pour les agents et moins de résidus évacués avec les eaux de nettoyage. Les bénéfices attendus touchent ainsi à la fois le travail quotidien et l’empreinte environnementale du service.

Reste un point moins visible : la technique demande un mouvement précis. La face rugueuse du bandeau décolle les salissures, l’autre les absorbe. Mal utilisé, l’outil peut perdre en efficacité ou fatiguer le corps. La formation des agents et l’accompagnement des prestataires comptent donc autant que le choix du textile. Ils ont aussi permis de répondre aux doutes suscités par un lavage sans produit.

Une transition qui ne se limite pas à l’achat de matériel

Les nouveaux bandeaux coûtent davantage à l’unité, mais leur achat a été étalé et leur durée d’utilisation annoncée atteint 80 lavages. Le CHU a inscrit leurs caractéristiques dans ses marchés afin que les entreprises intervenant sur place appliquent la même méthode. C’est là que se joue une partie du résultat : un équipement efficace ne suffit pas si les pratiques diffèrent selon les équipes.

La formation des agents et les consignes inscrites dans les marchés de nettoyage accompagnent l’usage des bandeaux réutilisables dans les différents secteurs concernés.

L’analyse de l’Anap sur le bionettoyage sans chimie au CHU de Bordeaux décrit cette progression, depuis les essais encadrés jusqu’à la formation et au déploiement par secteur. Elle rappelle surtout une condition essentielle : adapter la technique aux risques de chaque lieu. À Bordeaux, l’expérience montre qu’une mesure environnementale peut modifier un geste banal de l’hôpital, à condition de partir du terrain.

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