Siamesis, la sculpture monumentale de l’artiste néerlandais Theo Jansen, trouve une place permanente au Garage Moderne, à Bordeaux. Suspendue à la charpente du bâtiment rénové, cette créature faite de tubes de PVC sera présentée au public à partir du samedi 10 octobre 2026. Son inauguration, prévue à 20 heures dans le cadre du Festival international des arts de Bordeaux Métropole, sera gratuite. Une nouvelle vie pour une œuvre dont le mouvement reste à réinventer.

Siamesis, une « bête de plage » installée à Bordeaux
Elle a été pensée pour avancer avec le vent sur le sable. À Bordeaux, Siamesis prendra une autre position : suspendue au-dessus des visiteurs du Garage Moderne, dans le quartier de Bacalan. Cette œuvre de Theo Jansen rejoindra définitivement le bâtiment rénové à partir du 10 octobre. Le vernissage, annoncé à 20 heures, marque la clôture du FAB 2026 autant que l’ouverture d’une installation destinée à rester.
Le nom de Jansen n’est pas nouveau pour les Bordelais. Invité d’honneur du festival en 2022, l’artiste avait présenté ses Strandbeesten dans les jardins de l’hôtel de ville et au Musée des Beaux-Arts. Ces « bêtes de plage » empruntent à l’ingénierie autant qu’à la sculpture : leurs assemblages de tubes plastiques évoquent des squelettes, des pattes et des mécanismes capables de transformer le souffle du vent en déplacement.
Après cette exposition, l’artiste avait proposé que Siamesis soit conservée plusieurs années par le festival. Pendant les travaux du Garage Moderne, l’œuvre a été montrée à la Cité Bleue, lieu temporaire de la structure. Le retour annoncé par le FAB la fixe désormais sous la charpente du bâtiment. L’accès à cette installation permanente sera gratuit.

Une œuvre à restaurer, pas une promesse de mouvement
Reste une question fascinante : la sculpture marchera-t-elle encore ? Le festival précise que Siamesis est aujourd’hui scindée en deux et que son déplacement futur demeure incertain. Lionel Roy, spécialiste de la mécanique des Strandbeesten, tentera de la remettre en état pour la clôture. Sa remise en mouvement reste, pour l’heure, l’un des enjeux ouverts de cette restauration.
Cette incertitude donne au projet une dimension particulière. Une machine conçue pour bouger devient aussi un objet à réparer, à observer et à transmettre. Des ateliers avec Lionel Roy sont prévus les 1er, 2 et 3 octobre, avant une opération de levage le 3 octobre après-midi. Le FAB détaille les créneaux et les modalités pour participer à cette remise en état ; les personnes intéressées peuvent rejoindre un ou plusieurs ateliers.
Le choix du Garage Moderne n’a rien d’anodin. Installée rue des Étrangers, l’association fait se rencontrer réparation, savoir-faire manuels et création artistique. La présence durable de cette sculpture mécanique prolonge cette identité : ici, le travail des mains ne reste pas caché dans un atelier, il devient aussi matière à regarder et à discuter.

Une soirée de clôture entre film et bal
La découverte de Siamesis s’inscrit dans une soirée plus large. Le samedi 10 octobre, le film Belia d’Eman Hussein sera projeté au Garage Moderne à partir de 19 h 30. Le vernissage suivra à 20 heures, pour une durée annoncée d’environ trente minutes. À 21 heures, un bal pop-up prendra le relais jusqu’à minuit. L’œuvre ne sera donc pas présentée comme un objet isolé, mais au milieu d’autres formes de mouvement.
Le Garage Moderne se trouve au 1, rue des Étrangers, à Bordeaux. Après le 10 octobre, Siamesis est annoncée comme une installation permanente : il ne s’agit pas d’une exposition limitée au seul soir du vernissage. Les horaires de visite au-delà du vernissage n’ont pas encore été précisés par le festival.
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