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Après le mégafeu en Gironde, les sylviculteurs réclament des réponses concrètes à l’État

Deux mois après les incendies qui ont ravagé le massif des Landes de Gascogne, les propriétaires forestiers veulent passer des annonces aux décisions. Réuni le 18 septembre 2026, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest a adopté cinq demandes adressées aux pouvoirs publics. Financement de la défense contre les incendies, remise en état des parcelles, transport du bois brûlé : derrière ces dossiers techniques se joue l’avenir économique de milliers d’hectares.

Après les incendies de l’été 2026, les propriétaires forestiers demandent des décisions sur la prévention, la remise en état des parcelles et le bois brûlé.

Cinq demandes après les incendies en Gironde

Le feu s’est arrêté. La facture, elle, commence à peine à se dessiner. Pour les sylviculteurs de Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne, il faut désormais sécuriser les parcelles, organiser l’évacuation du bois touché et préparer la forêt à la prochaine saison à risque. Leur syndicat, le SYSSO, a formalisé cette inquiétude lors de son assemblée générale du 18 septembre à Morcenx-la-Nouvelle.

Ses cinq vœux adoptés couvrent des questions distinctes mais liées. Le syndicat réclame le maintien des crédits consacrés à la défense des forêts contre les incendies et davantage de moyens de lutte. Il demande aussi une organisation collective du débroussaillement obligatoire, pour éviter de laisser chaque propriétaire seul face à une tâche qui concerne des paysages entiers.

La troisième demande porte directement sur les forêts sinistrées en 2026 et leurs propriétaires. Le syndicat veut un accompagnement adapté à la remise en état. Ce chantier ne se résume pas à replanter : il faut d’abord évaluer les peuplements, déterminer ce qui peut être exploité, remettre en service les accès et anticiper les conséquences économiques d’années de production perdues.

Les demandes du syndicat portent notamment sur le maintien des moyens de défense contre les incendies et sur l’accompagnement des propriétaires dont les parcelles ont brûlé.

Le bois brûlé pose aussi une question de débouchés

Un autre point est très concret : le transport du bois brûlé. Le SYSSO demande une aide pour compenser l’acheminement vers des unités de transformation situées hors d’Aquitaine. Lorsque les volumes dépassent les capacités locales, l’éloignement des sites de traitement peut réduire la valeur récupérée par les propriétaires. Les arbres coupés ne retrouvent pas tous un usage équivalent, et le temps complique la commercialisation des bois endommagés.

Le cinquième vœu concerne le nématode du pin, parasite contre lequel les mesures de lutte doivent, selon le syndicat, être adaptées. Il s’agit d’un autre risque pour le massif, distinct des incendies. Le placer dans la même motion souligne la difficulté des sylviculteurs : reconstruire après un sinistre tout en faisant face à des contraintes sanitaires et à des règles de prévention plus exigeantes.

Ces demandes ne signifient pas que l’État n’a rien engagé. Dans son point d’étape du 8 septembre, la préfecture annonçait notamment la prise en charge de la remise en état des pistes et des points d’eau, ainsi qu’une première enveloppe de 250 000 euros pour recenser les dégâts sur les infrastructures forestières. Elle indiquait aussi travailler avec les représentants de la filière sur l’avenir du massif.

Un arrêté du 31 juillet a également reconnu le sinistre de grande ampleur et simplifié l’exploitation des parcelles touchées. Pour le syndicat, ces outils d’urgence ne règlent toutefois ni les pertes de production à long terme ni le coût des opérations à venir.

La remise en état des pistes et des points d’eau figure parmi les mesures annoncées par l’État, mais les sylviculteurs attendent aussi des réponses pour leurs parcelles.

Une reconstruction qui se comptera en années

Le désaccord porte donc sur la portée et la traduction de ces annonces. Financer une piste ou dresser une carte des dégâts ne répond pas, à lui seul, à la perte supportée par un propriétaire forestier. Inversement, une aide à la reconstitution ne dispense pas d’entretenir les accès ni de renforcer la prévention. La reconstruction du massif oblige à traiter ces sujets ensemble, avec un calendrier lisible pour les personnes concernées.

Les sylviculteurs veulent désormais savoir quelles mesures s’appliqueront aux parcelles privées, comment elles seront financées et dans quels délais. Ce sont ces réponses, plus que les déclarations d’intention, qui détermineront la vitesse du retour à l’activité dans les secteurs brûlés.

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