À Cestas, les biscuits que l’on trouve dans les rayons français prennent aussi la route de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de la Chine. L’usine de Mondelēz, plus grand site français du groupe, produit environ 45 000 tonnes de biscuits chocolatés par an. Entre 2020 et 2025, l’entreprise y a investi 50 millions d’euros. Ce montant éclaire une stratégie : moderniser l’outil girondin pour servir des marchés bien au-delà de la France.

Mondelēz à Cestas : 50 millions d’euros investis dans l’usine
Le site n’a rien d’un atelier confidentiel. Sur 34 000 mètres carrés, douze lignes fabriquent notamment Petit Écolier, Mikado, Granola et Pépito. L’usine tourne sept jours sur sept et emploie 530 personnes. Ses volumes donnent la mesure de l’activité : 45 000 tonnes chaque année, contre 33 000 tonnes en 2004. Cestas est ainsi devenu un maillon central de la production française de biscuits chocolatés du groupe.
Ce poids industriel dépasse les frontières. Environ un tiers de la production part à l’exportation. Pour les Mikado fabriqués en Gironde, la part expédiée vers d’autres pays européens atteint 60 %. Petit Écolier voyage aussi plus loin, vers les États-Unis, le Canada ou la Chine. Dix-huit camions quittent quotidiennement le site. Derrière des marques familières, l’usine fonctionne donc comme une plateforme de fabrication et de distribution internationale.
Ce rayonnement repose sur des investissements déjà réalisés, et non sur une enveloppe annoncée pour demain. Les 50 millions d’euros engagés de 2020 à 2025 ont servi à automatiser des opérations, rénover des infrastructures et moderniser des lignes. Mondelēz ne publie pas le chiffre d’affaires propre à Cestas. Le montant investi ne permet donc pas, à lui seul, de mesurer la rentabilité du site ni son évolution future.

Une fabrication girondine tournée vers l’export
La fabrication mêle gestes de boulangerie et équipement industriel. Une fois la pâte préparée, les biscuits passent par les étapes de formage et de cuisson, puis parcourent des convoyeurs pour refroidir avant le chocolat et le conditionnement. En bout de chaîne, des systèmes de contrôle écartent les pièces non conformes. Les chiffres impressionnent, mais ils ne disent pas tout : maintenir une telle cadence exige une organisation continue des équipes, de l’approvisionnement et de la qualité.
Pour comprendre l’ancrage régional, il faut remonter jusqu’au blé. L’usine travaille avec 130 agriculteurs situés dans un rayon de 250 kilomètres, engagés dans le programme Harmony du groupe. Le dispositif Harmony décrit les pratiques demandées aux producteurs de blé, notamment la rotation des cultures et des espaces réservés à la biodiversité. Ces engagements relient le site industriel à des exploitations agricoles proches, sans signifier que tous les ingrédients du biscuit proviennent de Gironde.
Cette chaîne locale compte autant que les machines. La production de biscuits suppose des débouchés réguliers pour les cultivateurs, du transport et des compétences de transformation. À Cestas, le choix d’un approvisionnement en blé autour de l’usine donne une dimension territoriale à un produit vendu à grande échelle. Le parcours industriel du site, ouvert en 1974, rappelle que cette spécialisation s’est construite sur plusieurs décennies.

Des emplois, du blé local et des questions ouvertes
Une autre question accompagne cette puissance de production : celle de l’information nutritionnelle. Le groupe n’affiche pas le Nutri-Score sur ces biscuits, un étiquetage qui reste facultatif. Il invoque l’absence d’harmonisation entre les marchés européens où ses produits circulent. Cet argument ne retire rien à l’intérêt du débat pour les consommateurs : plus les volumes et les destinations augmentent, plus la lisibilité des produits devient un sujet public.
Le site de Cestas illustre ainsi deux réalités simultanées. Il soutient des centaines d’emplois et des achats agricoles dans le Sud-Ouest, tout en alimentant des marchés lointains. Le prochain enjeu ne se résume pas à produire davantage : il faudra regarder comment l’usine maintient sa place dans le groupe, la qualité de ses approvisionnements et la transparence offerte aux consommateurs.
À lire aussi : Hôtel Bonnaffé : l’îlot bordelais né de l’ambition d’un puissant armateur




