Emmanuel Blanc prend la présidence de 60 000 Rebonds Nouvelle-Aquitaine, l’association née à Bordeaux qui accompagne les entrepreneurs après la perte de leur entreprise. Élu à l’unanimité à la suite de l’assemblée générale du 30 juin, il succède à Jean-Marc Jugain pour un mandat de trois ans. Derrière ce changement de dirigeant se pose une question plus large : comment aider des chefs d’entreprise à retrouver un projet lorsque leur activité s’arrête ?

Emmanuel Blanc à la tête de 60 000 Rebonds Nouvelle-Aquitaine
L’association ne promet pas de sauver une société au bord de la liquidation. Son intervention commence après la rupture, quand l’entrepreneur doit reconstruire ses repères personnels et professionnels. À cette étape, l’expérience du dirigeant peut devenir difficile à faire valoir : il lui faut parfois expliquer une fermeture, envisager un emploi salarié ou décider s’il souhaite créer de nouveau. Le travail de 60 000 Rebonds consiste précisément à accompagner ce passage.
Le nouveau président connaît déjà le réseau. Avant son élection, Emmanuel Blanc y exerçait une fonction de parrain référent. Il prend la suite de Jean-Marc Jugain, qui poursuit son engagement comme vice-président national. Cette continuité compte pour une structure fondée sur le temps donné par des bénévoles, des coachs, des parrains et marraines, plus que sur la seule visibilité de sa présidence.
De Bordeaux aux entrepreneurs de toute la région
Le lien avec Bordeaux est ancien. Philippe Rambaud y a créé l’association en 2012, après avoir lui-même traversé la liquidation d’une entreprise. Depuis, le dispositif a essaimé en Nouvelle-Aquitaine. La présentation régionale de 60 000 Rebonds recense notamment une antenne bordelaise et des points d’accueil dans plusieurs villes, du Pays basque à La Rochelle, de Poitiers à Limoges.
Sur le terrain, l’accompagnement repose sur deux appuis distincts. Un coach aide l’ancien dirigeant à prendre du recul et à retrouver un socle personnel. Un parrain ou une marraine, souvent issu du monde de l’entreprise, l’aide à construire un plan d’action professionnel.
Réunions collectives et ateliers complètent ce duo. Le projet final peut être une création d’activité, mais aussi un retour au salariat : le « rebond » ne se réduit pas à redevenir patron. Cette séparation des rôles évite de confondre soutien personnel et décision économique.
Le service est gratuit, mais il répond à une situation précise. La fiche d’orientation du dispositif en Nouvelle-Aquitaine s’adresse aux dirigeants ayant liquidé leur société ou engagés dans une liquidation, dans les deux ans suivant son ouverture. Elle détaille les démarches et le suivi proposé. Cette précision évite de confondre l’association avec un cabinet de conseil généraliste pour toutes les entreprises en difficulté.

Une mission portée par 175 bénévoles
L’enjeu régional est tangible. L’association affiche 165 entrepreneurs accompagnés en 2025, 175 bénévoles engagés et onze points d’accueil sur sa présentation de Nouvelle-Aquitaine. Ces chiffres décrivent une capacité d’action, pas l’ensemble des dirigeants qui pourraient avoir besoin d’aide. Étendre la présence locale suppose de trouver des personnes capables de consacrer du temps au coaching, au mentorat et à l’expertise.
Le bénévolat prend ici plusieurs formes. Un dirigeant expérimenté peut devenir parrain, un coach certifié peut accompagner la reconstruction personnelle, un spécialiste peut apporter une compétence ponctuelle. À Bordeaux, l’antenne recrute ces profils pour suivre davantage d’entrepreneurs. Une telle mobilisation demande aussi de maintenir une relation dans la durée : sortir de l’isolement ne se règle pas en une seule réunion.
Après la fermeture, construire la suite
Emmanuel Blanc hérite ainsi d’une mission qui tient autant à l’économie qu’au regard porté sur l’échec. Une liquidation clôt une activité ; elle n’efface ni les compétences acquises ni la possibilité d’un nouveau départ. Pour les entrepreneurs concernés, la différence se joue souvent dans l’accès rapide à une écoute, puis à un accompagnement capable de transformer l’expérience traversée en projet réaliste.
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