Sous la dune du Pilat, les archéologues explorent depuis le 21 septembre un ancien sol forestier qui pourrait éclairer l’histoire d’un étang disparu. À La Teste-de-Buch, cette campagne de fouilles se poursuit jusqu’au 9 octobre 2026, au rythme de l’érosion qui découvre les vestiges avant de les emporter. Les chercheurs étudient notamment des bois préservés dans la tourbe et les traces d’activités humaines vieilles de plus de 3 000 ans.

Un ancien étang sous la dune du Pilat
La dune donne aujourd’hui l’impression d’un paysage uniquement façonné par le sable. Ses flancs racontent pourtant une histoire plus ancienne. Les archéologues concentrent leurs recherches sur le paléosol forestier numéro 2, un ancien sol daté entre environ 1000 et 500 avant notre ère. Dans les tourbes, des fragments de bois exceptionnellement conservés pourraient aider à reconstituer l’environnement d’un ancien étang. Ces couches ne sont pas seulement des archives naturelles : elles conservent l’empreinte des gestes accomplis par les populations riveraines.
L’enjeu n’est pas d’annoncer la découverte d’un village intact. Les équipes examinent des indices dispersés, parfois fragiles, qui renseignent sur la façon dont les populations occupaient ce littoral. Les vestiges d’un site de production de sel, des foyers, des trous de poteaux ou encore des céramiques font partie des éléments étudiés pendant cette campagne. Leur analyse doit préciser les activités pratiquées ici et l’évolution du paysage.
Une course contre l’érosion sur le littoral girondin
Le calendrier est serré. À l’embouchure du bassin d’Arcachon, l’érosion met au jour des couches anciennes puis les dégrade progressivement. Cette fenêtre d’observation peut se refermer vite. Du 21 septembre au 9 octobre, les fouilles autorisées par le ministère de la Culture cherchent donc à documenter les vestiges avant leur disparition. Le chantier archéologique présenté par le Grand Site détaille les structures examinées et les précautions imposées autour de la zone.

L’opération se déroule sur une parcelle du Conservatoire du littoral. L’association GRAPBA, présidée par l’archéologue Philippe Jacques, conduit la fouille avec plusieurs partenaires scientifiques et institutionnels, dont le laboratoire Ausonius. Les recherches portent autant sur les objets recueillis que sur leur position dans les couches de sol. Un fragment isolé dit peu de chose ; replacé dans son contexte, il peut aider à dater une activité ou à comprendre un ancien milieu naturel.
Cette méthode explique la prudence des archéologues. Les bois conservés dans la tourbe ne suffisent pas, à eux seuls, à dessiner les contours exacts de l’étang. Leur étude, croisée avec les autres traces, permettra de mieux décrire ce qui précédait le paysage visible aujourd’hui. La campagne de fouilles 2026 cherche ainsi à sauvegarder une mémoire du littoral aquitain que les mouvements de la côte rendent de moins en moins accessible.
Voir le chantier sans pénétrer dans les fouilles
Le public peut approcher cette recherche sans entrer dans les zones de travail. Celles-ci sont balisées et réservées aux personnes autorisées. Les visiteurs doivent respecter les limites du chantier et rester à distance de la pelleteuse lorsqu’elle circule sur la plage. Ce n’est pas une simple précaution de confort : elle protège à la fois les personnes et les vestiges étudiés.

Une visite gratuite du chantier est prévue le samedi 3 octobre, en présence des archéologues, sur réservation au 06 32 01 45 51. Une exposition en accès libre, installée dans la cabane de l’espace d’accueil de la dune, retrace aussi les occupations anciennes du littoral. Lors du lancement de cette campagne de recherche, les partenaires ont souligné le même impératif : étudier maintenant ce que la mer pourrait effacer demain.
Sous les pas des visiteurs, la dune conserve donc bien davantage qu’un paysage spectaculaire. Les semaines de fouilles en cours doivent dire ce que ces sols anciens révèlent réellement de l’étang et des habitants qui ont vécu près de lui.
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