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Économie en Nouvelle-Aquitaine : industrie, services et BTP avancent à des vitesses différentes

L’économie de Nouvelle-Aquitaine ralentit, mais ses secteurs ne décrochent pas tous au même rythme. Les prévisions pour 2026 ont été revues à la baisse dans l’industrie, les services perdent de leur élan et le bâtiment reste fragile. Le contraste compte pour la Gironde, où ces activités cohabitent : derrière un même mot, « ralentissement », les entreprises ne rencontrent ni les mêmes commandes ni les mêmes perspectives d’emploi.

Industrie : une croissance revue à 1,7 %

L’industrie régionale devrait encore progresser en 2026, mais moins que prévu. La hausse d’activité attendue atteint désormais 1,7 %, contre 3,8 % envisagés au début de l’année. L’écart est net. Il ne décrit pas une récession de l’ensemble du secteur ; il mesure une ambition revue à la baisse dans une conjoncture devenue plus incertaine.

Les filières liées à l’aéronautique, au spatial et à la défense gardent une dynamique favorable, tout comme la fabrication de composants électriques et électroniques. D’autres branches, telles que l’agroalimentaire, le bois-papier-carton ou le nautisme, stagnent ou se dégradent. Cette industrie à plusieurs vitesses empêche de tirer une conclusion uniforme pour les entreprises girondines : leurs marchés et leurs carnets de commandes ne suivent pas nécessairement la même trajectoire.

Les prévisions industrielles 2026 restent positives en Nouvelle-Aquitaine, mais leur révision à la baisse masque de forts écarts entre filières.

Les services avancent, les marges se resserrent

Les services marchands conservent une prévision de croissance de 1,2 %. Derrière ce chiffre, la rentabilité se dégrade et les projets d’investissement deviennent plus sélectifs. Les activités d’ingénierie et d’informatique figurent parmi celles qui résistent le mieux. La situation d’un bureau d’études ne dit donc pas grand-chose, à elle seule, de celle d’un commerce ou d’un restaurant voisin.

Dans les cafés, hôtels et restaurants, 54 % des dirigeants interrogés déclarent une baisse de chiffre d’affaires. Leur confiance dans la pérennité de leur entreprise tombe à 57 %. Ces résultats décrivent des réponses à une enquête régionale, pas le bilan comptable de chaque établissement de Bordeaux ou du littoral. Ils signalent néanmoins une pression réelle sur un secteur sensible aux dépenses des ménages et aux coûts d’exploitation.

Le baromètre de la CCI Nouvelle-Aquitaine détaille l’activité du premier semestre et les perspectives des dirigeants. Il rappelle notamment que les marges et la trésorerie restent tendues. Ce sont des indicateurs décisifs : une entreprise peut encore vendre, tout en disposant de moins de latitude pour recruter, remplacer un équipement ou absorber une nouvelle hausse de coûts.

Les services marchands devraient encore croître en 2026, mais la restauration et l’hôtellerie signalent une activité et une confiance fragilisées.

Dans le bâtiment, le carnet de commandes reste le juge de paix

Pour la construction, l’activité est attendue en recul de 0,6 % à la fin de 2026. Les effectifs diminuent également, selon les prévisions présentées, de 5,5 %. La construction neuve et le second œuvre souffrent particulièrement ; la rénovation, l’isolation et la climatisation offrent davantage de débouchés. Là encore, le même indicateur régional couvre des métiers aux réalités très différentes.

La faiblesse des commandes se conjugue à la hausse des coûts. Un chantier peut se raréfier alors que son prix de revient augmente : c’est le double étau décrit par les professionnels du BTP. En Gironde, cette tendance régionale invite à surveiller les projets effectivement lancés et les emplois préservés, sans présumer que chaque entreprise de construction connaîtra le même recul.

Les tendances régionales d’août publiées par la Banque de France montrent d’ailleurs une activité récente encore contrastée et des carnets dégarnis dans le bâtiment. Il faut distinguer ce relevé mensuel des prévisions pour l’ensemble de 2026 : le premier observe une période courte, les secondes esquissent une trajectoire annuelle.

Le bâtiment reste freiné par des carnets de commandes insuffisants, tandis que rénovation, isolation et climatisation conservent des perspectives plus favorables.

Un point appelle enfin à la prudence. Les enquêtes présentées à mi-année ont été réalisées avant les incendies de l’été 2026. Leurs prévisions n’intègrent donc pas encore les effets de ces événements sur les entreprises concernées.

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