ActuNews

En Nouvelle Aquitaine, la hausse des carburants pousse des clubs de foot au forfait

Dans la Vienne, le coût des trajets ne se règle plus seulement sur la feuille de match. Des équipes de football amateur ont renoncé à des rencontres alors que la hausse des carburants alourdit les déplacements. Derrière ces forfaits, une mécanique familière aux clubs de Nouvelle-Aquitaine : le week-end, joueurs, éducateurs et parents doivent trouver des voitures, du temps et de l’argent pour rejoindre le terrain adverse.

Un match perdu avant même le coup d’envoi

À Beaumont-Saint-Cyr et à Buxerolles, près de Poitiers, des clubs voient leur organisation se tendre à mesure que les déplacements coûtent plus cher. Le problème touche particulièrement les équipes de jeunes, tributaires des véhicules du club et des parents disponibles. Certaines rencontres ont déjà été abandonnées. Déclarer forfait n’est pas ici un choix sportif : c’est le signe qu’emmener tout le monde au match peut devenir trop compliqué.

Chaque rencontre à l’extérieur impose pourtant la même logistique. Il faut réunir assez d’accompagnateurs, répartir les joueurs, prévoir l’aller et le retour. Un club peut préparer son équipe toute la semaine ; sans transport le samedi ou le dimanche, elle ne joue pas. La hausse du plein ne pèse donc pas seulement sur un budget associatif. Elle peut décider de la tenue même d’un match.

Dans la Vienne, la hausse du coût des déplacements complique l’organisation des rencontres à l’extérieur et conduit certaines équipes de football amateur au forfait.

Les bénévoles paient aussi le trajet

Le football amateur tient souvent grâce à des personnes qui prêtent leur véhicule et leur temps. Le District de la Vienne alerte sur le coût des déplacements pour les bénévoles, dont certains renoncent même à se faire rembourser leurs frais afin de ménager les finances du club. La facture glisse alors de l’association vers des familles déjà mobilisées pour accompagner les enfants.

Son président, Stéphane Basq, demande un crédit d’impôt pour l’abandon de frais plutôt que la réduction d’impôt actuelle. La distinction n’est pas technique pour tout le monde : une personne non imposable ne bénéficie pas d’une réduction d’impôt dans les mêmes conditions. Le District veut que l’aide ne dépende pas de la capacité d’un bénévole à payer l’impôt sur le revenu.

Cette revendication ne résout pas à elle seule les déplacements du prochain week-end. Elle pose cependant une question concrète : jusqu’où peut-on demander aux proches des licenciés de financer, sans le dire, une partie du championnat ? Quand les familles ne peuvent plus avancer les frais, le calendrier sportif devient fragile, même si les joueurs sont prêts.

Les voitures des parents et des dirigeants restent indispensables aux équipes de jeunes ; leur participation devient plus difficile quand chaque déplacement coûte davantage.

En Gironde, une aide au véhicule, pas au plein

Le constat établi dans la Vienne ne permet pas d’affirmer que les clubs girondins connaissent les mêmes forfaits. Il concerne néanmoins une organisation que beaucoup d’associations sportives reconnaîtront : des rencontres éparpillées sur le territoire et des transports largement assurés par les bénévoles. Le prix du carburant peut ainsi peser sur l’accès des jeunes à la compétition, bien avant de se voir dans les résultats.

La Fédération française de football dispose d’un fonds pour aider les clubs à s’équiper. En Gironde, les modalités 2026-2027 du FAFA Transport détaillées par le District concernent notamment l’achat ou la location longue durée de véhicules. Cette aide agit sur le parc automobile des associations ; elle ne rembourse pas automatiquement les pleins des parents qui prennent leur propre voiture.

C’est là que se situe le décalage. Posséder un minibus facilite certains trajets, mais ne fait pas disparaître son coût d’utilisation ni le besoin d’accompagnateurs. Les clubs doivent composer avec des ressources très différentes, selon leur taille, leur territoire et le nombre d’équipes engagées. La situation dans la Vienne rappelle que l’équilibre d’une saison se joue aussi sur la route.

En Gironde, le dispositif fédéral peut aider à financer un véhicule de club, mais il ne supprime pas le coût courant des trajets.

Pour les jeunes footballeurs, l’enjeu tient en une phrase : pouvoir rejoindre le terrain adverse. Quand le transport manque, le match n’a tout simplement pas lieu.

À lire aussi : Météo à Bordeaux mercredi 30 septembre : des nuages le matin, des ondées l’après-midi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page