Un déplacement officiel à Washington, une note d’hôtel présentée comme vertigineuse et, derrière cet épisode, la question des dépenses engagées par les Girondins de Bordeaux sous la direction de GACP. Selon Football365, le récit d’un ancien salarié ravive les interrogations sur l’été 2019. Les documents publics confirment le voyage et les difficultés financières du club. Ils ne permettent toutefois pas d’identifier la facture évoquée, ni de faire porter à une seule direction toute la responsabilité de la chute bordelaise.
Washington, l’épisode qui refait surface
En juillet 2019, les Girondins participent aux EA Ligue 1 Games organisés par la Ligue à Washington. La compétition réunit également Marseille, Montpellier et Saint-Étienne. Pour Bordeaux, ce voyage s’inscrit dans une période où la nouvelle direction veut donner davantage de visibilité internationale au club. Le déplacement, lui, ne fait aucun doute : la Ligue en a publié le programme et les dates.
Ce sont les frais de ce séjour qui reviennent aujourd’hui dans le débat. Pierre Farges, ancien responsable des réseaux sociaux des Girondins, raconte qu’une note de chambre aurait dépassé 10 000 dollars. Il s’agit de son récit : aucune facture détaillée n’a été rendue publique dans les documents consultés, et le montant ne peut être rapproché d’une ligne précise des comptes du club.

Les comptes des Girondins de Bordeaux avant et après la reprise
Le groupe M6 cède les Girondins en novembre 2018 dans un montage associant GACP et King Street. GACP, emmené par Joe DaGrosa, prend la conduite opérationnelle du club. King Street est déjà l’actionnaire majoritaire. À la fin de 2019, il rachète la participation de son partenaire et reste seul aux commandes. La période directement concernée par le témoignage est donc courte, un peu plus d’un an.
Les comptes publiés par la DNCG pour 2017-2018 montrent une perte nette de 21,1 millions d’euros, avant l’arrivée de GACP. La saison suivante, la DNCG chiffre la perte à 25,7 millions d’euros. La dégradation est réelle. Mais l’exercice 2018-2019 comprend des mois antérieurs au changement de propriétaire : attribuer l’intégralité de cette perte à la nouvelle direction serait trompeur.
Autre nuance : la rémunération chargée du personnel passe de 59,6 à 60,5 millions d’euros entre ces deux exercices. Ce total ne montre pas, à lui seul, une explosion globale des salaires sur la première saison américaine. Les « autres charges », elles, progressent de 30,2 à 48 millions d’euros. Cette rubrique est large, et le périmètre comptable de 2018-2019 intègre aussi la holding La Dynamie. On ne peut donc pas y isoler les dépenses d’hôtel évoquées par le témoin.
Le déséquilibre de fond apparaît plus clairement dans les comptes 2018-2019 : 71,3 millions d’euros de produits hors transferts face à 126,9 millions d’euros de charges hors transferts. Les opérations sur les joueurs réduisent ensuite une partie de l’écart, sans empêcher la perte nette. Ce modèle laissait peu de marge lorsqu’une recette attendue manquait ou qu’un actionnaire décidait de ne plus couvrir les besoins.
Une responsabilité à examiner sans raccourci

Le passage de GACP a marqué le club, mais la crise ne s’arrête pas à son départ. King Street poursuit l’aventure, puis annonce en avril 2021 qu’il ne financera plus les besoins futurs des Girondins. La pandémie et l’effondrement des droits télévisés aggravent alors une situation déjà difficile. Gérard Lopez reprend ensuite le club ; ses propres décisions et les saisons suivantes appartiennent à une autre séquence de cette histoire.
Revenir sur Washington permet d’interroger les pratiques de gestion et de demander ce que recouvraient les frais engagés au nom du club. Le témoignage de Pierre Farges apporte un détail nouveau. Les comptes publics dessinent, eux, la fragilité économique, sans valider cette facture ni désigner une dépense responsable de la descente jusqu’au niveau régional. Pour les supporters bordelais, la question reste entière : comment un club déjà déficitaire contrôlait-il ses frais ?
À lire aussi : Entre détente au Patio et adrénaline des tapis verts : la promesse du Casino JOA de Gujan-Mestras !




