Les premiers passages automnaux annoncent le retour des grues cendrées dans les Landes de Gascogne. Une partie de ces oiseaux venus du nord de l’Europe y passera l’hiver, entre zones humides où ils dorment et champs où ils se nourrissent. Le Parc naturel régional prépare sa saison d’observation 2026–2027, de novembre à février. Les 46 875 grues recensées en janvier 2026 donnent un repère sur l’hiver précédent, sans constituer un comptage de l’automne actuel.
Les grues cendrées retrouvent les Landes de Gascogne
Le déplacement des grues traverse une grande partie de l’Europe. Des populations qui se reproduisent notamment en Scandinavie gagnent des territoires plus méridionaux lorsque les conditions hivernales s’installent. Les Landes de Gascogne accueillent à la fois des oiseaux de passage et des groupes qui restent plusieurs mois, selon les ressources et les conditions rencontrées.

Les vols se repèrent à leur organisation et aux cris qui circulent entre les oiseaux. Les formations changent pendant le déplacement, se regroupent ou s’étirent au-dessus du territoire. Le suivi de la migration par la LPO rassemble les observations signalées au fil de la saison et permet de distinguer un mouvement migratoire d’un rassemblement installé sur un site d’hivernage.
Les 46 875 individus comptés à la mi-janvier 2026 concernent bien l’hiver 2025–2026. Cet effectif mesure la place du territoire dans l’accueil de l’espèce, mais il ne décrit pas encore le nombre d’oiseaux présents cette année. Les comptages de la nouvelle saison devront établir à leur tour la répartition des groupes et l’évolution des rassemblements.
Une journée partagée entre champs et dortoirs
La grue utilise des milieux différents selon les heures. La nuit, les oiseaux se regroupent dans des dortoirs, généralement associés à des espaces humides qui leur apportent de la sécurité. Le jour, ils rejoignent des zones d’alimentation, appelées gagnages, notamment des parcelles agricoles où ils peuvent trouver des ressources après les récoltes.

Le maïs laissé dans les champs participe à cette alimentation hivernale. La disponibilité de la nourriture influence les déplacements et la dispersion des oiseaux, qui ne restent pas nécessairement à proximité immédiate du dortoir. Comprendre une présence sur une parcelle suppose donc de la relier aux autres espaces utilisés par le groupe au cours de la journée.
Des comptages pour comprendre les hivers successifs
Le collectif Grus Gascogna suit ces habitudes et rassemble plusieurs structures engagées dans l’étude et l’observation des grues. Des comptages hivernaux sont organisés depuis 2005. Ce travail permet de comparer les saisons et d’étudier les sites fréquentés, plutôt que de réduire le retour des oiseaux à quelques vols spectaculaires aperçus dans le ciel.
L’observation commence avec la tranquillité des oiseaux
Le programme 2026–2027 prévoit des rendez-vous accompagnés de la mi-novembre à la mi-février. Des ornithologues aideront à reconnaître les comportements et à comprendre les déplacements entre alimentation et repos. Des observatoires et des séjours dédiés complètent cette offre, avec des formats adaptés à des approches différentes du territoire et de l’espèce.

Les rassemblements atteignent généralement leurs effectifs les plus importants en décembre et en janvier, au milieu de la période d’hivernage.
Le livret de connaissance des grues en Landes de Gascogne insiste sur la distance d’observation. Jumelles et longue-vue permettent de voir les oiseaux sans s’approcher des groupes. Le lever et le retour au dortoir correspondent à des moments sensibles : leur intérêt pour l’observateur ne doit pas conduire à perturber le repos ou les déplacements.
Les horaires changent avec la durée du jour et la progression de l’hiver. Une observation réussie dépend donc du comportement des oiseaux, davantage que d’un rendez-vous garanti à heure fixe. Les prochains mois permettront de suivre leur installation, puis leur départ vers les territoires de reproduction, au terme d’un hiver dont les effectifs restent encore à compter.
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