À Bordeaux, Jean Bernard préside depuis juin 2026 la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, qui porte la Cité du Vin. Il a succédé à Sylvie Cazes, associée au projet depuis ses débuts et présidente de la Fondation pendant douze ans. Ce passage de relais intervient l’année des dix ans du lieu culturel. Il place un entrepreneur bordelais du vin à la tête d’une institution ouverte sur les vignobles du monde.

Jean Bernard, un parcours bordelais dans le vin et l’entreprise
Le nouveau président connaissait la Fondation. Membre du conseil d’administration depuis 2025, il connaissait déjà le fonctionnement de la Fondation avant d’en prendre la présidence. Son parcours mêle industrie des vins et spiritueux, gestion d’entreprise et réseaux professionnels bordelais. Après des débuts chez Moët-Hennessy, il a exercé pendant treize ans des fonctions financières au sein de LVMH, avant de rejoindre le Groupe Bernard à Bordeaux en 1992.
Il y devient directeur général, puis président-directeur général en 1995. Jean Bernard préside ce groupe familial lié au secteur des vins et spiritueux. Il siège également au comité stratégique de Vinexposium et au conseil d’administration du Medef Gironde. Ces fonctions éclairent le profil choisi par les administrateurs : celui d’un responsable familier du commerce du vin, mais aussi des questions d’organisation, de financement et de rayonnement international.
À la Cité du Vin, une présidence qui n’est pas une direction quotidienne
La nuance mérite d’être posée. Jean Bernard ne prend pas la direction opérationnelle de l’équipement du quai de Bacalan : il préside la Fondation qui le porte. La gouvernance publiée par la Cité du Vin distingue cette fonction de celles des équipes chargées du fonctionnement quotidien, des expositions et de la programmation. L’élection à l’unanimité par le conseil d’administration encadre cette transition sans annoncer de changement immédiat de cap.

Créée pour transmettre les cultures et les civilisations du vin, la Fondation défend une approche qui dépasse Bordeaux. La Cité du Vin raconte les liens entre la vigne, les sociétés, les paysages et les savoir-faire à travers le monde. C’est cette dimension culturelle que la nouvelle présidence doit accompagner, dans une ville où le vin demeure à la fois un héritage local, une activité économique et un sujet de débat contemporain.
Sylvie Cazes laisse douze ans de présidence derrière elle
Le départ de Sylvie Cazes, le 16 juin 2026, ferme une longue séquence. Sollicitée dès 2008 pour imaginer le futur lieu, elle en a suivi la conception puis l’ouverture en 2016. Présidente de la Fondation depuis 2014, elle a accompagné l’installation de la Cité du Vin dans le paysage culturel bordelais. La gouvernance actuelle la présente désormais comme présidente d’honneur : une manière de maintenir un lien avec le projet sans confondre les responsabilités.
Jean Bernard prend donc le relais d’une personnalité qui a incarné la naissance du site. Le défi n’est plus de faire connaître un bâtiment nouveau sur les quais, mais de faire vivre son propos dans la durée. La Cité doit accueillir des visiteurs très différents : habitants de la métropole, touristes, amateurs de vin, familles ou publics simplement curieux de comprendre ce que cette culture raconte du monde.

Dix ans après l’ouverture, quelle suite pour le lieu ?
En 2026, la programmation des dix ans donne une première image de cette diversité. La saison culturelle de septembre à décembre annonce notamment conférences, tables rondes, rencontres et rendez-vous autour de la dégustation. Ces formats complètent l’exposition permanente et montrent qu’un tel équipement ne se résume pas à son parcours de visite. Il doit régulièrement renouveler les questions posées au public.
Aucune refonte précise de l’offre n’a été annoncée avec l’arrivée de Jean Bernard. Son mandat pose une question de continuité : comment préserver l’ouverture internationale de la Cité tout en restant lisible pour les Bordelais et les acteurs du territoire ? Les réponses se mesureront dans les choix de programmation, les partenariats et la place donnée aux publics, bien davantage que dans le seul changement de nom à la présidence.
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