À Blanquefort, HDF Energy fabrique des piles à combustible de forte puissance. À des milliers de kilomètres de son usine girondine, l’entreprise vient de franchir une nouvelle étape en Indonésie : sa filiale locale a signé, le 10 septembre 2026, un accord de développement avec Pertamina NRE. Objectif annoncé : étudier des centrales renouvelables capables de fournir une électricité stable à des territoires encore dépendants du diesel.

Un accord ciblé sur l’est de l’Indonésie
Le texte signé à Jakarta est un Joint Study Development Agreement, ou accord d’étude et de développement conjoint. HDF Energy Indonesia et Pertamina New & Renewable Energy, branche du groupe énergétique public Pertamina, vont travailler ensemble sur des projets associant production renouvelable, hydrogène vert et stockage. L’accord prévoit une exclusivité réciproque dans certains districts de Nusa Tenggara Est et de Papouasie, sans couvrir pour autant l’ensemble du pays.
Cette précision compte. Il ne s’agit ni d’une commande de centrales ni d’une annonce de mise en service. Les partenaires posent un cadre pour poursuivre l’examen d’un portefeuille de projets déjà engagé par HDF dans l’est de l’archipel. La société est présente en Indonésie depuis 2020. Le choix des zones concernées renvoie à un défi très concret : approvisionner régulièrement des communautés insulaires dont une partie de l’électricité repose encore sur des groupes diesel.
Le pari d’une électricité renouvelable disponible jour et nuit
Le modèle développé par HDF porte le nom de centrale Renewstable. Du solaire ou de l’éolien produit l’électricité lorsque les conditions le permettent. Une partie alimente directement le réseau ; une autre est stockée, notamment sous forme d’hydrogène fabriqué sur place. Lorsque le soleil ou le vent manquent, une pile à combustible reconvertit cet hydrogène en électricité. Des batteries peuvent prendre le relais sur des durées plus courtes.

Dans un archipel où les réseaux sont parfois isolés, la question n’est pas seulement d’installer des panneaux solaires. Il faut aussi maintenir l’alimentation à la tombée de la nuit, pendant un passage nuageux ou lors d’une période sans vent. C’est sur cette continuité de l’alimentation que HDF veut convaincre. La faisabilité technique, le financement et les conditions de réalisation de chaque projet restent toutefois à établir : l’accord annoncé ne règle pas à lui seul ces étapes.
À Blanquefort, une dimension industrielle girondine
Le lien avec la Gironde passe par les piles à combustible de HDF Energy. L’entreprise dispose à Blanquefort d’une usine de 7 000 m² consacrée à leur développement et à leur fabrication pour les réseaux électriques, le maritime et le ferroviaire. Installé sur une partie de l’ancien site Ford, ce pôle industriel donne un ancrage local à une activité tournée vers plusieurs marchés internationaux.
Pour autant, aucune information publiée avec cet accord ne permet d’affirmer qu’une pile produite à Blanquefort a déjà été commandée pour Pertamina NRE. La coopération indonésienne représente aujourd’hui une perspective de développement, pas un volume de production acquis pour l’usine. La nuance est essentielle pour apprécier ce que l’annonce change immédiatement pour l’entreprise girondine, ses équipes et sa chaîne industrielle.

Une coopération à transformer en projets
HDF apporte sa technologie et son expérience de développeur d’infrastructures hydrogène ; Pertamina NRE connaît le système énergétique indonésien et ses acteurs. Leur rapprochement peut faciliter le passage des études aux décisions opérationnelles, mais chaque implantation devra encore trouver son modèle économique, ses autorisations et ses débouchés électriques. Ni calendrier de chantier ni puissance installée définitive n’ont été annoncés pour les districts visés.
Pour HDF Energy, l’enjeu dépasse donc la signature elle-même. Il s’agit de démontrer qu’une solution conçue et industrialisée depuis la métropole bordelaise peut répondre aux contraintes d’îles éloignées, où la sécurité d’approvisionnement est aussi décisive que la réduction des émissions. Le prochain signal concret sera l’avancement de projets identifiés, puis leur financement et leur construction. Jusque-là, le partenariat reste une promesse de travail commun.
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