La recherche d’un repreneur ne rassure pas les salariés de Hensoldt Nexeya en Gironde. Une quarantaine d’emplois sont menacés dans les implantations de Mérignac et du Barp, sur fond de difficultés financières de l’entreprise. Les équipes redoutent des fermetures, des mobilités imposées ou des licenciements. La direction affirme chercher une solution de long terme ; les représentants du personnel réclament désormais des engagements précis sur l’avenir des sites.
Hensoldt Nexeya, une crise qui touche deux implantations girondines
Le site de Mérignac compte quinze salariés et celui du Barp une vingtaine. Derrière ces petits effectifs, l’enjeu est celui de compétences électroniques spécialisées, développées auprès de grands donneurs d’ordres. Parmi les clients cités figurent le Commissariat à l’énergie atomique, Dassault et Thales.
Les activités de l’entreprise couvrent des équipements destinés à des environnements exigeants. Les solutions électroniques de Hensoldt Nexeya comprennent notamment des systèmes de test, de mission, de contrôle-commande et de maintien en condition opérationnelle. La difficulté actuelle concerne donc un fournisseur industriel inséré dans plusieurs chaînes de production et de maintenance.
À Mérignac, des salariés présents depuis l’ouverture du site, il y a vingt-huit ans, contestent l’idée d’une activité condamnée. Ils décrivent un carnet de commandes rempli et mettent en cause la gestion du groupe. Cette appréciation est celle des équipes : elle ne signifie pas, à elle seule, que la rentabilité de l’entreprise est assurée.

La recherche d’un acheteur laisse les salariés dans l’attente
La direction reconnaît des difficultés financières et dit travailler à une solution pour l’activité comme pour les emplois. Elle fait état de vingt-neuf investisseurs qui se seraient manifestés, avec l’objectif de trouver un repreneur d’ici le 31 mars. Des marques d’intérêt ne constituent toutefois pas encore un accord de cession ni une garantie de maintien des établissements.
La mise en vente s’inscrit dans une réorganisation plus large de la société. À l’échelle française, les salariés se mobilisent contre un périmètre de reprise qui pourrait laisser une partie des effectifs sans solution. Des assemblées communes à plusieurs sites et des débrayages ont déjà exprimé cette inquiétude pendant l’automne.

Le dossier oppose ainsi deux horizons. Pour l’actionnaire, il s’agit de trouver une issue à une activité déficitaire. Pour les équipes girondines, le risque est immédiat : voir disparaître leur poste local alors même qu’une recherche d’acheteur se poursuit à l’échelle de l’entreprise.
Le maintien en Gironde au centre des inquiétudes
Les conséquences ne se limiteraient pas au nombre de contrats supprimés. Un reclassement dans une autre région peut également conduire à quitter son domicile et à réorganiser une vie familiale. Des salariés expliquent ne pas envisager de départ de Gironde, où se trouvent leur logement, leurs proches et la scolarité de leurs enfants.
L’intersyndicale demande des garanties plutôt que la seule promesse d’examiner des solutions. Elle entend aussi alerter les pouvoirs publics sur le devenir des implantations. À ce stade, les scénarios évoqués restent différents : déplacement d’une activité, reclassement ou licenciement ne produiraient pas les mêmes effets pour chaque salarié.

Une nouvelle incertitude sept ans après le changement d’actionnaire
Nexeya a rejoint le groupe allemand en 2019. La prise de contrôle autorisée en mai 2019 avait rapproché ses compétences du portefeuille de Hensoldt. L’opération avait été autorisée sans recours contre la décision de l’Autorité de la concurrence. Sept ans plus tard, la recherche d’un nouvel acquéreur rouvre la question de leur ancrage industriel en France.
Pour les deux sites girondins, aucune issue annoncée ne permet encore de présenter les emplois comme sauvés. À l’inverse, la menace actuelle ne doit pas être confondue avec des licenciements déjà exécutés. C’est entre ces deux situations que les salariés cherchent à obtenir une réponse sur leur avenir professionnel et géographique.
À lire aussi : Gironde : appel à témoins pour retrouver David Tovar, disparu




