La Gironde a sa lauréate parmi les 101 femmes entrepreneures distinguées en 2026 : Olivia Martinet, fondatrice de Nuti. Son entreprise développe des produits alimentaires pensés pour des enfants confrontés à des troubles de l’oralité ou à une forte sélectivité alimentaire. La reconnaissance nationale met en avant un projet né d’une expérience personnelle et porté dans l’écosystème entrepreneurial de Nouvelle-Aquitaine, à la rencontre de l’alimentation, du handicap et de l’innovation.
Nuti part d’un problème quotidien
Nuti s’adresse à des familles pour lesquelles le repas ne se résume pas à choisir un plat. Certains enfants acceptent difficilement des textures, des saveurs ou la présentation d’aliments mélangés. Ces difficultés peuvent rendre les propositions alimentaires ordinaires inadaptées. La jeune entreprise cherche à concevoir des produits correspondant à ces contraintes, sans réduire le sujet à une simple préférence ou à un manque de volonté de l’enfant.

Olivia Martinet a relié ce projet à son propre parcours. Elle a évoqué un diagnostic d’autisme posé à l’âge adulte et des difficultés alimentaires qui l’ont conduite à regarder autrement les besoins des enfants concernés. Cette origine éclaire l’idée de Nuti ; elle ne dispense pas d’examiner les produits, leur composition et leur efficacité. L’entreprise présente son travail comme une réponse alimentaire spécialisée, construite autour de situations concrètes rencontrées par des familles.
Le projet girondin a été accompagné dans la région, notamment par La French Tech Bordeaux, qui décrit son passage par French Tech Tremplin et une incubation au Campement à Bordeaux ainsi qu’à l’Agropole d’Agen. Ce parcours montre le chemin nécessaire pour transformer une idée issue du vécu en activité économique : développement des produits, appui scientifique, financement puis confrontation aux besoins des utilisateurs.
Une distinction nationale pour une entrepreneure girondine
Le concours 101 femmes entrepreneures retient une représentante par département. Porté par l’État et Bpifrance, il vise à rendre visibles des parcours de création ou de reprise d’entreprise dans tout le pays. La promotion 2026 a été réunie à Paris début septembre pour deux journées de rencontres et de travail. La distinction d’Olivia Martinet s’inscrit donc dans une sélection territoriale, et non dans un classement de produits alimentaires.
Le communiqué de Bpifrance sur l’édition 2026 rappelle la portée du dispositif : donner de la visibilité aux entrepreneures et relier leurs projets aux réseaux d’accompagnement. Pour Nuti, l’intérêt tient aussi à la possibilité d’expliquer plus largement un besoin encore mal compris. Les difficultés d’oralité alimentaire demandent des réponses précises ; un prix ne les résout pas, mais peut aider à faire connaître les solutions en développement.

En Nouvelle-Aquitaine, plusieurs entrepreneures accompagnées par le réseau Les Premières figurent dans cette promotion. Olivia Martinet y apparaît aux côtés d’autres fondatrices issues de départements voisins. Le concours offre ainsi un cadre collectif à des projets très différents. Celui de Nuti se distingue par son angle : concevoir une offre alimentaire accessible à des enfants dont les contraintes restent peu prises en compte par les produits courants.
La visibilité doit servir le développement du projet
Une récompense nationale ne transforme pas automatiquement une jeune entreprise en marque disponible partout. Nuti devra poursuivre ses étapes de développement, préciser son offre et établir les conditions de production et de diffusion de ses produits. C’est à cette échelle que la distinction pourra compter : ouvrir des portes, faire rencontrer des partenaires et donner une place plus claire à un sujet familial longtemps relégué au seul cercle privé.

Le parcours d’Olivia Martinet rappelle aussi qu’un projet entrepreneurial peut partir d’un besoin ignoré sans parler à la place de toutes les personnes concernées. Le travail reste de vérifier ce qui aide effectivement les enfants et leurs proches, avec eux et avec les professionnels qui les accompagnent. La lauréate girondine a désormais une tribune plus large pour faire avancer cette question.
À lire aussi : Noviciat des Jésuites : les vestiges discrets d’un grand ensemble religieux bordelais




