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Nouvelle-Aquitaine : la confiance des chefs d’entreprise recule encore

La confiance des chefs d’entreprise de Nouvelle-Aquitaine s’érode. Dans le dernier baromètre régional de la CCI, 60 % des dirigeants se disent confiants dans l’avenir de leur propre activité, contre 64 % six mois plus tôt. Leur regard sur l’économie française est encore plus sombre. Présentés à Bordeaux avec la Banque de France, ces résultats dessinent une rentrée où les entreprises continuent de fonctionner, mais reportent une partie de leurs décisions.

Un moral qui résiste mal à la dégradation de l’activité

Le chiffre de 60 % mérite d’être lu dans la durée. La confiance dans l’avenir de l’entreprise atteignait 78 % à la fin de 2021 ; elle baisse par étapes depuis plusieurs semestres. Le baromètre économique de la CCI Nouvelle-Aquitaine distingue toutefois deux perceptions : les dirigeants évaluent leur propre société plus favorablement que l’économie nationale. Ce décalage décrit des entreprises qui tiennent encore, mais voient leur environnement se fragiliser.

La prudence repose sur des données d’activité. Au premier semestre 2026, une part importante des répondants signale une baisse du chiffre d’affaires ou des carnets de commandes. Les marges et la trésorerie restent sous pression. Le constat varie selon les métiers : le commerce souffre d’une consommation faible, le bâtiment conserve des carnets insuffisants et certaines branches industrielles voient leur activité reculer. Aucun de ces secteurs ne résume à lui seul l’économie régionale.

En Nouvelle-Aquitaine, 60 % des dirigeants interrogés se disent confiants dans l’avenir de leur entreprise, une proportion en baisse au dernier baromètre régional.

Le tableau présenté par la CCI Nouvelle-Aquitaine et la direction régionale de la Banque de France est donc celui d’un ralentissement étendu plutôt que d’un arrêt uniforme. Les entreprises de services, les commerces, les industriels et les professionnels du bâtiment n’affrontent pas les mêmes contraintes. Ils partagent néanmoins une difficulté : décider d’investir ou d’embaucher quand la demande, les coûts et le contexte général restent incertains.

L’investissement est le signal le plus concret

Seules 22 % des entreprises interrogées déclarent avoir investi au premier semestre. Elles ne sont plus que 17 % à envisager un investissement dans les six mois suivants. Cette différence ne prédit pas mécaniquement un recul de même ampleur : une intention peut changer. Elle montre toutefois l’hésitation des dirigeants à engager des dépenses nouvelles, y compris lorsque leurs structures poursuivent leur activité.

La taille de l’entreprise influe sur ce choix. Un groupe peut étaler un projet ou puiser dans plusieurs sources de financement ; une petite société dépend davantage de son carnet de commandes et de sa trésorerie immédiate. Le baromètre signale un recul marqué des investissements dans les entreprises de 50 salariés ou plus et une atonie dans les plus petites. Le résultat intéresse directement les fournisseurs, sous-traitants et salariés de la région.

L’enquête de la CCI porte sur 4 115 entreprises et décrit une activité dégradée au premier semestre 2026 dans plusieurs secteurs.

Quatre dirigeants sur dix estiment que l’incertitude politique et géopolitique pèse fortement sur leur activité. Cette appréciation reste une déclaration d’enquête, pas une mesure isolée de causalité. Elle aide néanmoins à comprendre pourquoi un chef d’entreprise peut conserver confiance dans son savoir-faire tout en différant une embauche ou un équipement. Les tendances régionales de la Banque de France complètent ce regard par une observation plus rapprochée de l’activité.

Ce que mesure réellement le baromètre régional

L’enquête de la CCI a été menée du 29 juin au 15 juillet 2026 auprès de 4 115 entreprises, représentant environ 35 000 salariés. Elle décrit donc l’activité du premier semestre et les perspectives formulées au début de l’été. Les réponses ont été rendues publiques à la rentrée ; elles ne constituent pas un relevé en temps réel de chaque commerce ou atelier bordelais.

Les intentions d’investissement reculent : 17 % des entreprises interrogées envisagent d’investir au cours des six mois suivant l’enquête régionale.

Pour les prochains mois, le point à surveiller sera moins une déclaration de confiance isolée que la traduction des intentions en décisions : investissements lancés, embauches réalisées et carnets regarnis. La majorité des dirigeants croient encore à leur entreprise. Mais cette majorité se réduit, tandis que la confiance dans l’économie nationale tombe au plus bas de la série présentée par la CCI.

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