Arnaud Boissières retrouve l’Atlantique en solitaire pour une cinquième Route du Rhum. Le navigateur bordelais s’est engagé dans l’édition partie de Saint-Malo le 1er novembre, à bord de son Imoca APRIL Marine, avec un objectif de top 10 dans sa catégorie. À 54 ans, il aborde cette traversée vers la Guadeloupe avec l’expérience des grandes courses océaniques et un programme qui regarde déjà vers le Vendée Globe 2028.
Arnaud Boissières, du bassin d’Arcachon à la Route du Rhum
Le marin a découvert la voile sur le bassin d’Arcachon, bien avant d’établir son activité aux Sables-d’Olonne. Ce lien girondin demeure une part de son parcours, même si sa vie de navigateur s’est construite au rythme des ports de départ, des chantiers et des courses au large. Son surnom, « Cali », l’accompagne depuis de nombreuses années sur les pontons.

La fiche d’Arnaud Boissières sur la Route du Rhum retrace plusieurs participations à cette transatlantique. Il avait terminé septième en 2010, neuvième en 2018 et dix-septième en 2022 dans sa catégorie. Pour cette nouvelle édition, revenir parmi les dix premiers constitue l’objectif sportif affiché avant le départ.
La course relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, sans équipier à bord. Cette édition est la treizième. Les marins partagent le même départ mais évoluent dans des catégories de bateaux différentes. Le classement d’un Imoca doit donc se lire au sein de sa classe, plutôt que comme une comparaison directe avec les grands multicoques engagés dans la même épreuve.
Un Imoca pour cette traversée et les saisons suivantes
Le bateau de Boissières porte les couleurs d’APRIL Marine, partenaire de ce nouveau chapitre. Il s’agit d’un Imoca dessiné par VPLP et Guillaume Verdier, issu de la génération de l’ancien Hugo Boss. La connaissance du voilier, ses réglages et la capacité à maintenir son fonctionnement pendant plusieurs jours comptent autant que la vitesse accessible dans les meilleures conditions.

La saison 2026 a déjà fourni des repères au navigateur. Son palmarès comprend une victoire dans sa catégorie sur la Drheam Cup et une septième place sur la 1000 Race. Ces résultats décrivent une préparation en compétition ; ils ne préjugent pas du classement d’une traversée où la météo et les incidents techniques peuvent modifier rapidement les écarts.
Le programme présenté avec APRIL Marine place la Route du Rhum dans une trajectoire plus longue. Le Vendée Globe 2028 reste l’ambition suivante, avec la recherche d’un copartenaire pour compléter le projet. La traversée de novembre constitue donc un objectif à part entière et une étape dans la construction des saisons à venir.

L’alimentation, un travail préparé avec un partenaire girondin
La préparation passe aussi par ce que le skipper emporte pour manger. Boissières travaille avec MX3 Nutrition, entreprise installée à Villenave-d’Ornon et à Captieux, spécialisée depuis trente ans dans les repas lyophilisés pour les sportifs. Les menus sont préparés avant la course afin de disposer de repas compatibles avec les contraintes du bord.
La lyophilisation retire l’eau des préparations, ce qui réduit leur poids pendant le transport ; les repas sont ensuite réhydratés. Certains sachets peuvent apporter jusqu’à 1 000 calories. Cette concentration répond aux besoins d’un marin qui doit se nourrir tout en assurant seul les manœuvres, la navigation, la surveillance du bateau et les réparations éventuelles.
Gérer ses ressources fait partie de la performance. L’alimentation et le repos ne se séparent pas de la conduite du voilier sur une course océanique. Pour sa cinquième Route du Rhum, le Bordelais mise sur cette préparation autant que sur son expérience. Son cap sportif reste fixé sur les dix premiers Imoca, à l’autre bout d’une traversée dont chaque journée doit encore être menée.
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