La Gironde fait face à une réalité sociale préoccupante : la montée du surendettement des ménages révèle une fracture croissante entre territoires et populations. Alors que certains Bordelais et habitants de l’agglomération profitent du dynamisme économique et de l’attractivité de la région, d’autres se retrouvent en difficulté financière, incapables de faire face à leurs engagements bancaires, leurs loyers ou leurs charges quotidiennes. Ce phénomène à deux vitesses interpelle les acteurs sociaux, les institutions et les services de prévention de la dette.
Surendettement : une situation en augmentation

Sur plusieurs années, les chiffres montrent une hausse significative des dossiers de surendettement déposés par les Girondins. Cette progression touche particulièrement les ménages aux revenus modestes, les travailleurs précaires, les familles monoparentales et les personnes en situation de fragilité économique. Face à la stagnation des salaires et à l’augmentation du coût de la vie (logement, énergie, alimentation), de plus en plus de foyers peinent à équilibrer leurs budgets.
Le surendettement n’est pas que le résultat d’un mauvais usage du crédit : il reflète souvent des difficultés structurelles, comme des ruptures d’emploi, des arrêts maladie prolongés, des charges trop lourdes ou encore des imprévus financiers. Dans certains quartiers, cette fragilité financière se conjugue avec un accès limité à des services bancaires adaptés, renforçant le cercle vicieux de l’endettement.
Une Gironde contrastée
La Gironde apparaît comme un département à deux vitesses. D’un côté, la métropole bordelaise et certaines zones périurbaines bénéficient d’un fort dynamisme économique, attirant travailleurs qualifiés, entreprises et nouvelles populations. De l’autre, des communes rurales ou quartiers populaires subissent les effets de la précarité, avec un accès aux opportunités d’emploi et aux services sociaux plus restreint.
Cette dualité se reflète dans les statistiques du surendettement, qui montrent une concentration des difficultés dans des territoires où le pouvoir d’achat est plus faible et où les ressources économiques sont limitées. Dans ces secteurs, les associations de prévention, les services sociaux départementaux et les points d’accueil spécialisés font face à une demande grandissante d’accompagnement budgétaire.

Prévention et accompagnement : des réponses indispensables
Pour lutter contre le surendettement, il ne suffit pas de traiter les symptômes : il faut agir sur les causes profondes. La prévention budgétaire, l’éducation financière, l’accès à des solutions de médiation avec les créanciers et l’accompagnement personnalisé sont des leviers essentiels. En Gironde, plusieurs structures travaillent au quotidien pour orienter et soutenir les personnes en difficulté, qu’il s’agisse de conseils pour maîtriser les dépenses ou de démarches auprès des institutions financières.
Par ailleurs, renforcer l’accès à l’emploi stable, soutenir les initiatives locales d’insertion et améliorer la coordination entre les acteurs sociaux permettrait d’atténuer les inégalités face au surendettement.
Une défi collectif

La montée du surendettement en Gironde n’est pas une fatalité, mais elle nécessite une mobilisation collective, associant collectivités, acteurs sociaux, institutions financières et citoyens. Comprendre les déterminants de cette fracture économique est la première étape pour construire des solutions durables, afin que tous les Girondins puissent vivre dans la dignité et avec une sécurité financière renforcée.
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