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La Tricandille de Bordeaux : un patrimoine culinaire au fil des siècles

Bordeaux, connue pour ses vignobles prestigieux, cache également dans ses terres un trésor culinaire méconnu : la tricandille ! Cette spécialité, dont l’histoire remonte à l’Antiquité, s’est inscrite au fil des siècles comme un mets de choix, célébré par les puissants et apprécié par les travailleurs locaux.

La légende veut que le nom « tricandille » soit hérité du traiteur romain Caius Tricandillus, fournisseur attitré du cuisinier de Jules César. Ce plat de tripes de cochon était déjà considéré comme prestigieux à l’époque, et l’antique écrivain Pline l’Ancien lui consacra un chapitre dans son ouvrage « De l’art de se sustenter à cheval ». La devise latine « Beatus qui tricandillum gustat » – « Bienheureux soit l’amateur de tricandille » – résonne à travers les âges.

Au cours de l’histoire, de Clovis à Louis XIV, de Charles IX au Général de Gaulle, la tricandille a été célébrée à maintes reprises. Napoléon lui-même la considérait comme un délice impérial. Démocratisée aujourd’hui, elle demeure un mets prisé par les fins gourmets et les personnalités influentes.

L’ancrage de la tricandille à Bordeaux s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, la ville abrite d’anciens abattoirs, assurant un approvisionnement constant en matière première : les boyaux de porc. ©Les produits de Nouvelle- Aquitaine

L’ancrage de la tricandille à Bordeaux s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, la ville abrite d’anciens abattoirs, assurant un approvisionnement constant en matière première : les boyaux de porc. De plus, le marché des Capucins, véritable ventre de la ville, a longtemps été le lieu où cette spécialité était échangée et appréciée.

Les tricandilles ne se sont pas limitées aux festins royaux. Elles ont également été le casse-croûte traditionnel des travailleurs viticoles de l’Entre-deux-mers et du Médoc. Les vignobles, parsemés de sarments, devenaient le lieu idéal pour griller ces morceaux peu coûteux mais savoureux.

Aujourd’hui, la tricandille est préservée comme un trésor gastronomique local. Des confréries, telles que la Confrérie de la Tricandille, veillent à préserver et promouvoir cette spécialité. Les restaurateurs bordelais perpétuent la tradition en la revisitant avec créativité, intégrant la tricandille dans des plats modernes tout en respectant son héritage culinaire.

Des confréries, telles que la Confrérie de la Tricandille, veillent à préserver et promouvoir cette spécialité. – ©gouteurstricandilles.

Ainsi, la tricandille de Bordeaux demeure un héritage gustatif, témoin des siècles passés et symbole d’une identité gastronomique préservée. Les amateurs de saveurs authentiques peuvent, aujourd’hui encore, se délecter de ce plat qui a su résister au temps et conserver tout son prestige au cœur de la capitale du vin.

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