Au Musée Mer Marine de Bordeaux, un tigre peut surgir d’un entrelacs de mots tracés à la bombe. Avec « Bleu Sauvage », le street artiste bordelais A-MO fait entrer son bestiaire dans les salles du musée jusqu’au 3 janvier 2027. Une soixantaine d’œuvres inédites confrontent le regard aux animaux sauvages et marins. L’exposition joue sur un effet simple : s’approcher pour lire les signes, reculer pour voir apparaître la bête.
« Bleu Sauvage » : la rue entre au Musée Mer Marine
Sur les murs de Bordeaux, les animaux d’A-MO appartiennent déjà au paysage urbain. Cette fois, l’artiste quitte l’espace public pour une salle d’exposition temporaire, au Musée Mer Marine des Bassins à flot. Le déplacement change la manière de regarder : on ne croise plus une œuvre au hasard d’une promenade ; on suit un parcours entièrement consacré à ce langage visuel et à ses variations.

Présentée depuis le 11 septembre 2026, l’exposition « Bleu Sauvage » rassemble environ soixante créations inédites. Tigres, oiseaux et autres espèces y prennent forme dans une palette dominée par le bleu, tantôt proche du ciel, tantôt de l’eau ou de la nuit. Le lieu n’est pas anodin : dans un musée tourné vers la mer, les animaux terrestres et marins se répondent.
Le paintag, une image qui se révèle à distance
Le trait d’A-MO demande au visiteur de changer de place. De près, ses compositions laissent voir des tags, des mots et des signes superposés. Quelques pas en arrière suffisent pour que l’ensemble dessine un animal. Cette technique, appelée paintag, fait travailler l’œil autant que la mémoire des images. Elle donne à voir, dans la même toile, le geste du street art et la silhouette du vivant.
L’effet n’a rien d’un simple tour de passe-passe. En laissant d’abord apparaître les marques humaines, puis la figure animale, A-MO rapproche deux mondes que la ville sépare souvent. Le bestiaire devient un moyen de parler des espèces et de leur place dans nos environnements. Le musée prolonge cette lecture par des informations sur les animaux représentés, leurs milieux et leurs fragilités.
Le musée associe à ce parcours HISA, une structure bordelaise engagée pour la biodiversité. Cette collaboration donne un prolongement concret au thème du vivant : derrière les couleurs et les silhouettes, l’exposition rappelle que les espèces occupent des habitats réels, soumis à des pressions bien moins abstraites qu’un mur de galerie.

Une exposition qui change au fil des mois
Le parcours ne restera pas figé jusqu’à sa fermeture. A-MO a invité d’autres artistes à y prendre part : Selor doit le rejoindre en octobre et novembre, avant l’intervention de Rouge Hartley en décembre. Ce calendrier offre une raison de revenir voir comment les œuvres dialoguent entre elles. Il rappelle aussi qu’une exposition peut évoluer après son ouverture, comme un mur de ville change avec le temps.
Les enfants disposent d’une autre porte d’entrée pendant les vacances. Le musée annonce notamment, les mercredis 21 et 28 octobre, deux ateliers autour du paintag et du pochoir. L’un invite à inventer son animal par accumulation de signes ; l’autre explore une technique familière du street art. Les séances sont proposées à 14 heures et 15 h 30.

Dates, tarifs et accès aux Bassins à flot
« Bleu Sauvage » se visite jusqu’au 3 janvier 2027 au 89, rue des Étrangers, à Bordeaux. Le musée ouvre, de septembre à avril, de 13 à 18 heures en semaine et de 10 h 30 à 18 heures le week-end ; il ferme le lundi. Pendant les vacances scolaires, des horaires particuliers s’appliquent. Le tram B, arrêt Rue Achard, permet de rejoindre le secteur.
Le musée détaille ses horaires et tarifs avant la visite : le billet adulte est affiché à 14 euros et le tarif réduit à 11 euros. L’entrée est gratuite pour les moins de 6 ans, sous conditions. Mieux vaut vérifier ces modalités avant de se déplacer, surtout pendant les vacances. L’œuvre, elle, attendra que chacun prenne le recul nécessaire.
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