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À Bordeaux, Notex associe badge NFC et jeu pour faire vivre la sécurité au travail

Sur un chantier, une information perdue peut retarder une intervention. La jeune pousse bordelaise Notex veut réunir deux outils souvent séparés : un badge NFC portant des données utiles en cas d’urgence et une application qui encourage les équipes à signaler les risques. Son pari dépasse la technologie. Il consiste à faire de la prévention un réflexe partagé, dans les métiers où l’on travaille chaque jour au contact du danger.

Un casque posé à côté d’une zone de travaux. Un téléphone approché d’un petit badge fixé dessus. Ce geste, très simple en apparence, résume une partie de l’ambition de Notex. La start-up bordelaise cherche à rendre accessibles, au bon moment, des renseignements qui peuvent compter lorsqu’un salarié a besoin d’aide. Elle veut aussi faire remonter les risques avant l’accident.

Un badge pour les premières minutes d’une urgence

Le badge NFC présenté par Notex peut être attaché à un casque ou à un autre équipement. Un smartphone compatible permet d’accéder à un profil d’urgence comprenant, selon l’entreprise, les allergies, les traitements ou les contacts à prévenir. L’idée répond à une difficulté concrète : sur un chantier ou dans un atelier, les personnes qui interviennent ne connaissent pas forcément les informations médicales utiles concernant leur collègue.

Le badge ne remplace ni les secours ni les procédures de l’employeur. Pour inspirer confiance, ces données sensibles devront rester à jour, accessibles aux seules personnes habilitées et clairement expliquées aux salariés.

Le badge NFC conçu par Notex vise à rendre certaines informations d’urgence accessibles depuis un équipement de travail, lorsque chaque minute compte.

Des signalements de terrain transformés en réflexe

La deuxième pièce du projet se joue sur le téléphone des équipes. L’application mobile de Notex permet de signaler un danger ou un incident, notamment avec une photo. Un tableau de bord donne ensuite aux responsables qualité, sécurité et environnement, ou QSE, une vue sur les remontées du terrain. L’outil prévoit également un fonctionnement hors connexion, utile sur des sites où le réseau n’est pas toujours fiable.

Notex y ajoute des quiz, des défis, des points et des classements collectifs. Cette mécanique de jeu, dite « gamification », vise à susciter une participation régulière. Elle peut rendre un rappel de sécurité moins abstrait qu’une consigne affichée au mur. Mais le jeu n’a de sens que si les alertes débouchent sur une réponse visible. Une équipe cesse vite de signaler un risque lorsqu’elle a le sentiment que personne ne l’écoute.

Notex veut ainsi passer d’un badge utile lors d’un incident à des outils mobilisés au quotidien. Leur efficacité réelle dépendra de leur adoption et des décisions prises après chaque signalement.

Avec son application, Notex cherche aussi à donner davantage de place aux observations des salariés dans le suivi quotidien de la sécurité.

Une jeune entreprise bordelaise face au test du terrain

À l’origine du projet figurent notamment Lucas Gonzalez et Sacha Richard-Gouesmat. Leur jeune entreprise s’adresse aux secteurs où les équipes sont exposées à des risques opérationnels : bâtiment, industrie ou logistique, entre autres. Dans ces environnements, les consignes existent déjà. La difficulté réside souvent dans leur circulation, leur appropriation et la capacité à faire remonter une anomalie sans attendre le prochain compte rendu.

Le développement de Notex arrive à un moment où la prévention ne peut plus se limiter à une pile de documents. Les entreprises doivent aussi composer avec des équipes mobiles, des sous-traitants et des sites dispersés. Un même outil ne répondra pas de la même manière à tous ces contextes. Les essais en conditions réelles, la protection des données personnelles et la simplicité d’usage pèseront donc autant que les fonctions annoncées.

Dans les métiers à risque, la prévention repose autant sur la circulation des alertes que sur les équipements et les consignes écrites.

Notex veut aujourd’hui faire grandir cette offre et cherche des financements pour y parvenir. Pour la start-up bordelaise, le défi sera de montrer que ses badges et ses ressorts ludiques ne créent pas seulement de l’attention pendant quelques semaines : ils doivent aider les équipes à parler des risques, puis à agir durablement sur eux.

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