Partir à pied de l’estuaire, traverser des vignobles, retrouver Bordeaux puis rejoindre les bastides de l’Entre-deux-Mers : le chemin d’Amadour rassemble plusieurs visages de la Gironde. L’itinéraire complet relie Soulac-sur-Mer à Rocamadour sur environ 500 kilomètres, répartis en 21 étapes principales. Mais une journée suffit déjà pour découvrir une portion de ce parcours, à condition de choisir le paysage et les visites que l’on souhaite vraiment explorer.
Dans le Médoc, marcher entre ports et vignobles
Le début du chemin associe la basilique de Soulac-sur-Mer aux terres basses du Médoc. Dans le secteur de Talais, les cabanes du port et les espaces gagnés sur l’estuaire composent une ambiance maritime bien différente de celle des grands domaines viticoles. Plus loin, les carrelets et le phare de Richard donnent d’autres repères à cette traversée.
Du côté de Pauillac et de Saint-Julien-de-Beychevelle, l’eau demeure présente tandis que les vignes prennent davantage de place. Gironde Tourisme cite aussi Fort Médoc parmi les monuments rencontrés. Ce secteur permet d’associer la découverte du vignoble à celle de l’estuaire, sans réduire la journée à une succession de dégustations.
Pour choisir une portion, consultez la présentation des paysages et des étapes girondines. Une visite de domaine ou de monument constitue un rendez-vous distinct de la marche : mieux vaut sélectionner un arrêt réellement souhaité que vouloir tout ajouter au programme.

De Bordeaux à Créon, voir la ville depuis ses coteaux
L’étape au départ de Bordeaux commence au pied du pont de pierre, près de la porte de Bourgogne. Après la traversée de la Garonne, le parcours rejoint la rive droite, le parc aux Angéliques puis les secteurs de Floirac et de Bouliac. Les quais deviennent progressivement des chemins de coteaux : c’est cette sortie de la ville qui donne son intérêt à la journée.
À Bouliac, les abords de l’église Saint-Siméon offrent un panorama sur Bordeaux. La marche se poursuit ensuite vers les paysages de l’Entre-deux-Mers, en passant notamment par Latresne, Cénac, Lignan-de-Bordeaux et Sadirac. Des portions côtoient la piste Roger-Lapébie, avant l’arrivée dans la bastide de Créon.
La fiche officielle annonce 31 kilomètres et sept heures : il s’agit d’une longue étape. Pour une découverte plus courte, préparez précisément le tronçon retenu et son point de sortie, plutôt que de vous engager sur l’ensemble.

À La Sauve-Majeure, réserver du temps pour les pierres sculptées
Le secteur de Créon et de Rauzan offre une autre approche du chemin, tournée vers les villages et le patrimoine roman. L’abbaye de La Sauve-Majeure en constitue une étape particulièrement forte. Les vestiges se découvrent à ciel ouvert ; leurs chapiteaux sculptés invitent à observer les détails autant que l’architecture d’ensemble.
Le Centre des monuments nationaux propose des outils de visite pour comprendre ces décors, notamment dans le chœur. Prévoir un vrai créneau permet de regarder les sculptures et de parcourir le monument, au lieu d’en faire seulement une photographie avant de reprendre la route.
Si les conditions d’accès le permettent, les 157 marches de la tour-clocher conduisent à un panorama sur l’abbaye, le bourg, les vignobles et les vallons. On retrouve alors, vus d’en haut, les paysages que la randonnée traverse au niveau des chemins.
Vers Sauveterre et Monségur, prendre les bastides comme étapes
Après Rauzan, le parcours associe vignobles, boisements et patrimoine autour de Blasimon. La présentation des étapes sur le site du chemin donne 19 kilomètres entre Rauzan et Sauveterre-de-Guyenne. C’est une possibilité pour consacrer une journée à ce secteur, avec une arrivée qui possède son propre intérêt de visite.
À Sauveterre, la place entourée d’arcades, le plan régulier des rues et les portes conservées permettent de découvrir l’organisation d’une bastide. Après plusieurs heures dans les paysages ruraux, ces espaces bâtis offrent une autre manière de lire le territoire. Gardez du temps à l’arrivée pour parcourir le centre à pied.
La liaison suivante jusqu’à Monségur est annoncée à 29 kilomètres. La bastide domine la vallée du Dropt depuis son éperon. Pour un premier séjour, mieux vaut choisir l’une de ces étapes et découvrir réellement son point d’arrivée que juxtaposer plusieurs longues journées sans temps de visite.

Construire une première expérience à son rythme
Le nom d’Amadour renvoie à une légende qui relie les côtes médocaines à Rocamadour. Ce récit accompagne le voyage, mais chacun peut découvrir le chemin pour ses paysages, son histoire ou le plaisir de relier deux villages à pied. L’itinéraire peut se parcourir par étapes espacées, sans chercher d’emblée la traversée complète.
Le point à organiser en premier reste le retour. Ces liaisons sont linéaires et ne ramènent pas automatiquement au départ. Le site officiel rassemble des gares permettant de rejoindre ou de quitter le chemin, notamment Soulac, Pauillac, Margaux et Bordeaux. Vérifiez aussi la distance entre la gare et le tracé retenu.
Les fichiers GPX et les cartes disponibles sur les pages officielles permettent enfin de repérer les visites, les étapes et les jonctions. Pour plusieurs jours, confirmez les nuitées avant le départ : c’est ce cadre pratique qui laisse ensuite le temps de profiter des lieux.
À lire aussi : À Arès, moins de poubelles publiques pour changer les habitudes sur le Bassin




