Un câble électrique de 320 000 volts entre la Gironde et la Loire-Atlantique, principalement sous la mer : le projet GiLA entre dans une nouvelle phase de concertation. Long d’environ 400 kilomètres, il doit renforcer les échanges d’électricité sur la façade atlantique et faciliter le raccordement de futurs parcs éoliens. Pour le Médoc, la question est désormais celle du passage des câbles entre l’océan et le réseau terrestre.
Une « autoroute électrique » de 400 kilomètres au large de l’Atlantique
Sur une carte, le trait relie deux départements. Sur le terrain, il faudra choisir où faire passer les câbles en mer, puis où les ramener à terre. C’est tout l’enjeu du projet GiLA, pour Gironde–Loire-Atlantique, porté par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE. L’ouvrage envisagé comprend deux liaisons sous-marines et souterraines à 320 000 volts en courant continu, ainsi qu’une station de conversion à chacune de ses extrémités.
Le courant continu permet de transporter d’importantes quantités d’électricité sur une longue distance maritime. Une fois à terre, les stations de conversion le transforment pour l’injecter dans le réseau électrique existant, qui fonctionne en courant alternatif. Le projet répond à deux besoins que RTE souhaite traiter ensemble : renforcer les échanges entre le nord et le sud de la façade atlantique et préparer le raccordement de futurs parcs éoliens en mer.

En Gironde, le passage par le Médoc reste à préciser
Côté girondin, le sujet ne s’arrête pas au bord de l’eau. Une chambre d’atterrage doit relier les câbles posés en mer à ceux enfouis à terre. Ceux-ci devront ensuite rejoindre une station de conversion et le réseau à très haute tension. Les secteurs du littoral médocain et de l’arrière-pays figurent donc au cœur des études, sans que chaque parcelle traversée soit aujourd’hui arrêtée.
Des fuseaux de moindre impact ont été validés en décembre 2025. Il s’agit de couloirs de recherche, pas d’un plan de chantier définitif. RTE poursuit en 2026 ses relevés techniques et ses inventaires écologiques pour affiner le parcours. L’érosion du littoral, les espaces naturels, les usages agricoles et forestiers ou encore les activités maritimes font partie des questions soulevées pendant la concertation. Le bilan des garants de la concertation recense notamment les demandes de précisions sur les impacts et les choix d’implantation.
La géographie du projet explique la vigilance locale. Sur la côte, il faut franchir le cordon dunaire sans figer trop tôt un point d’arrivée exposé au recul du trait de côte. Plus à l’intérieur, le cheminement devra composer avec les pistes forestières, les zones humides et les accès aux communes. Les choix techniques auront donc des effets très concrets sur les travaux et sur les usages du territoire, bien avant la mise en service annoncée.

Des réunions publiques avant les demandes d’autorisation
Le calendrier place le projet dans le temps long. Selon la présentation actualisée par RTE, les dossiers de demande d’autorisation doivent être déposés à l’été 2027. Une enquête publique est envisagée en 2028, avant un démarrage des travaux en 2029 et une mise en service à partir de 2034. L’investissement annoncé atteint 4 milliards d’euros. Ces étapes restent prévisionnelles : les autorisations et le tracé final ne sont pas encore acquis.
Une réunion est annoncée à Préfailles, en Loire-Atlantique, ce mercredi 30 septembre à 18 heures. En Gironde, RTE prévoit deux réunions publiques : le 13 octobre à Hourtin, puis le 15 octobre à Cubnezais, toutes deux à 18 heures. Des permanences sont aussi annoncées à Castelnau-de-Médoc, Naujac-sur-Mer, Ludon-Médoc, Saint-André-de-Cubzac et Saint-Louis-de-Montferrand. Les horaires et lieux figurent dans le calendrier de la concertation.

Reste une question simple, décisive pour les riverains : où passeront exactement les câbles ? Entre la promesse d’un réseau électrique renforcé et les contraintes d’un littoral habité, exploité et fragile, c’est sur ce point que la concertation devra maintenant apporter des réponses concrètes.
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