Le ticket Mobibus domicile pourrait passer de 3 à 3,50 euros au 1er janvier 2027. Cette hausse de 16,7 %, nettement supérieure à l’augmentation moyenne envisagée pour TBM, doit être examinée ce vendredi 25 septembre par le conseil de Bordeaux Métropole. Elle vise un service de transport à la demande destiné aux personnes handicapées. Une association et un élu demandent à la collectivité de revoir sa copie.
Un tarif particulier au milieu d’une hausse générale
Le projet de délibération prévoit une progression moyenne de 3 % des titres et abonnements du réseau TBM. Le voyage acheté à l’unité resterait à 1,90 euro. D’autres produits augmenteraient davantage : la carte de dix voyages plein tarif atteindrait 16,10 euros, le pass hebdomadaire 18,50 euros et le titre scolaire annuel ScoDi 105 euros. Ces montants restent des propositions tant que les élus métropolitains n’ont pas voté.

Le cas du Mobibus domicile concentre la contestation. Le ticket coûterait 50 centimes de plus par trajet. Pour un usager qui effectue plusieurs déplacements par semaine, cette différence s’additionne rapidement. Le service répond à des besoins que les lignes ordinaires ne couvrent pas toujours : il transporte à la demande des voyageurs en situation de handicap, notamment à mobilité réduite ou malvoyants. La Métropole distingue cette formule du Mobibus autonomie, dont le prix resterait à 1,90 euro.
La différence entre les deux offres compte dans le débat. Une personne capable d’attendre un véhicule à l’extérieur de son logement n’utilise pas nécessairement le même accompagnement qu’un voyageur ayant besoin d’une prise en charge à domicile. La collectivité défend une révision ciblée du tarif le plus accompagné, resté inchangé depuis le début du contrat avec Keolis. Les opposants jugent que cette spécificité ne justifie pas une hausse aussi forte.
Le coût du déplacement, mais aussi l’accès au service
APF France handicap Gironde demande l’abandon de cette augmentation. L’association rappelle que, pour une partie des usagers, Mobibus conditionne l’accès aux activités ordinaires de la ville. Elle souhaite, si une révision tarifaire est maintenue, qu’elle ne dépasse pas le taux retenu pour les autres titres. Elle réclame aussi une concertation avec les voyageurs concernés avant toute décision. Son objection porte donc autant sur la méthode que sur le prix.
L’élu métropolitain Olivier Escots a déposé un amendement visant à conserver le tarif actuel. Il souligne que la tarification solidaire ne s’applique pas à Mobibus et cite les difficultés de réservation déjà rencontrées par certains utilisateurs. D’après les chiffres du rapport annuel 2025 de Keolis qu’il met en avant, 124 480 demandes ont été acceptées sur 165 710. Ces données décrivent une capacité sous tension, indépendamment du montant payé par chaque passager.

Pour les voyageurs, la question est concrète : une course acceptée à un tarif plus élevé reste-t-elle accessible lorsque les trajets sont réguliers ? À l’inverse, un prix inchangé ne résout pas les refus de réservation. Le débat réunit ces deux difficultés plutôt qu’il ne les oppose. La présentation officielle du service Mobibus permet de distinguer les modalités de transport adaptées aux besoins des voyageurs.
La Métropole défend un financement du service
Christophe Duprat, vice-président métropolitain chargé des transports, fait valoir que le prix de Mobibus domicile n’a pas augmenté depuis vingt ans. Selon lui, les recettes supplémentaires doivent notamment financer deux véhicules afin de réduire les refus de prise en charge. Il évoque également une desserte d’établissements et services d’aide par le travail situés hors de la métropole. Ces engagements devront être suivis si le tarif est adopté.

La collectivité inscrit cette révision tarifaire dans un budget de transport plus large. Le coût annuel du réseau, cité par son vice-président, serait passé de 161 millions d’euros en 2019 à 223 millions en 2025. La part des recettes de billetterie dans ces dépenses aurait, elle, reculé de 34 % à 31 %. Le conseil de Bordeaux Métropole tranchera sur la délibération et sur l’amendement. Jusqu’au vote, les tarifs actuels restent ceux en vigueur.
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