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Bordeaux : une taxe sur les commerces vacants votée pour 2027

Bordeaux veut faire bouger ses vitrines fermées. Le conseil municipal a voté lundi 28 septembre une taxe sur les friches commerciales qui doit entrer en vigueur en 2027. Elle visera les locaux commerciaux inoccupés depuis plus de deux ans, avec un taux qui augmentera si la vacance se prolonge. La mairie cherche à pousser les propriétaires à remettre ces surfaces sur le marché, dans une ville où la part des commerces vacants a progressé.

Le conseil municipal de Bordeaux a voté le 28 septembre une taxe progressive sur les locaux commerciaux laissés vacants plus de deux ans.

Un coût croissant pour les locaux laissés vides

Le dispositif retenu prévoit un taux de 15 % la première année, puis 20 % la deuxième et 30 % à partir de la troisième. Ces pourcentages s’appliquent à une base fiscale de référence, et non au montant demandé pour louer le local ou à sa valeur de vente. La présentation nationale de la taxe sur les friches commerciales précise le cadre de cet outil ouvert aux collectivités. Le vote bordelais fixe désormais son utilisation locale.

La taxe vise des surfaces laissées inoccupées depuis plus de deux ans. Ce seuil distingue une transition normale entre deux occupants d’une vacance durable. La municipalité présente la mesure comme une incitation : plus un local reste fermé, plus la charge augmente. Le produit fiscal n’est donc pas l’objectif revendiqué. L’effet recherché est le retour d’une activité, même si une taxe ne garantit pas à elle seule qu’un commerce trouve preneur.

Le constat qui soutient la décision est chiffré. La vacance commerciale serait passée de 4,5 % en 2018 à 7,6 % en 2024 à Bordeaux. Ces taux ne signifient pas que toutes les rues connaissent la même situation. Ils dessinent néanmoins une progression à l’échelle de la ville, visible dans les rez-de-chaussée fermés et les longues périodes sans nouvel occupant. Une vitrine vide pèse aussi sur l’animation des rues voisines.

Les taux prévus sont de 15 %, 20 % puis 30 % d’une base fiscale de référence selon la durée de vacance du commerce.

La question des loyers reste ouverte

Le débat municipal a rapidement débordé la taxe elle-même. Des élus d’opposition demandent d’agir aussi sur les loyers commerciaux, qu’ils considèrent comme un obstacle à la reprise de certains locaux. Le vote du 28 septembre ne crée toutefois pas d’encadrement de ces loyers. Taxer un local vide et contrôler un prix de location sont deux mécanismes distincts, avec des effets et des bases juridiques différents.

Une confusion supplémentaire doit être évitée : le sujet ne porte pas sur les loyers des logements bordelais. La majorité municipale n’a pas annoncé, dans ce vote, de décision sur un encadrement résidentiel. Le débat politique peut rapprocher ces questions, mais la mesure adoptée concerne uniquement les locaux commerciaux durablement inoccupés. Pour un propriétaire, la date d’effet prévue et les critères de vacance seront plus déterminants que les échanges sur d’autres marchés immobiliers.

Le diagnostic public de la vacance commerciale rappelle que les réponses dépendent de l’usage et de la situation du local. Les modalités concrètes de taxation à Bordeaux devront être appliquées au cas par cas. Une fermeture temporaire, une mise en vente ou des travaux ne se résument pas automatiquement à une friche taxable ; le cadre légal encadre l’assiette et les exclusions.

La mesure doit débuter en 2027, tandis que le débat sur les loyers commerciaux reste distinct du dispositif adopté de Bordeaux.

Un instrument, pas une solution complète

Le taux progressif crée une pression financière pour remettre un local en circulation. Reste à savoir si les propriétaires répondront par une location, une vente, des travaux ou une contestation de leur situation fiscale. L’état du local, le niveau du loyer demandé et la demande commerciale du quartier continueront de peser. La taxe bordelaise entrera en vigueur en 2027 ; ses effets sur les vitrines ne pourront être mesurés qu’après sa mise en œuvre.

Le conseil municipal a donc tranché sur un levier précis, dans un dossier plus vaste que la fiscalité. Les rues commerçantes ne se remplissent pas par décret, mais la vacance durable ne sera plus neutre pour les propriétaires visés. Le suivi du nombre de locaux effectivement remis en activité dira si cette décision répond au problème que Bordeaux veut traiter.

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